Aperçu de la Neo·Geo Mini

Neo·Geo Mini - modèle international

Comme prévu, la Neo·Geo Mini a fait son arrivée en France cette semaine et, votre serviteur ayant pu s’en faire prêter une dès sa sortie, il était d’autant plus tentant de lui consacrer un banc d’essai que le dernier du genre remonte à plus de deux ans… Mais il faut dire aussi que la console de SNK a fait couler beaucoup d’encre, peut-être plus encore que les équivalents de Nintendo. Il y a l’effet « Rolls Royce » sans doute, et aussi quelques particularités qui, sur le papier du moins, lui donnent un avantage par rapport à la concurrence : le nombre de jeux inclus (liste complète pour la version internationale dans cet article) assez élevé, le design façon mini borne d’arcade avec son écran intégré, ou encore l’existence de manettes (vendues séparément) reproduisant les populaires pads Neo·Geo CD. Mais il y avait un défi supplémentaire à relever : lever l’affront de la Neo·Geo X, énorme déception pour la majorité des fans du standard, d’autant plus grande qu’elle faisait elle le choix de recréer plus fidèlement l’apparence de la console AES. Or, si la Neo·Geo Mini marque quand même un net progrès, elle n’en reste pas moins frustrante à sa manière et ce, précisément parce qu’à cause de petits détails, l’expérience n’est pas aussi parfaite qu’espérée…

Une fois sortie de son packaging (très classe en passant), on découvre une borne tout de même bien mignonne, à la fabrication pas trop cheap, qui tient dans la main mais ne dérape pas sur une table. On peut en revanche regretter que le design du modèle international ne corresponde à rien de spécial, alors que la version japonaise fait référence aux authentiques bornes MVS telles qu’on les trouvait au Japon. La machine est fournie avec une série de stickers pour la décorer, mais il faudra donc y réfléchir à deux fois avant d’en coller… Qui dit mini borne dit écran intégré et, contrairement à celui de la Neo·Geo X, il respecte le format 4/3 des jeux d’origine. Et rassurez-vous, il est d’excellente qualité et offre une image pixel perfect très lumineuse, qui permettra même à deux joueurs de se coller devant malgré le pare-soleil. Le son est en revanche assez mauvais, et il vaudra mieux le baisser ou brancher un casque sur la prise étrangement en façade arrière, entre les ports USB et HDMI – on y reviendra. Enfin, la prise en main se révèle meilleure qu’elle n’en a l’air ; les boutons sont serrés mais assez gros. On peut même jouer à la Neo·Geo Mini dans ses mains façon Game Boy, même si le stick, réactif comme il faut, a alors une course un peu longue… Ce dernier, joliment rétroéclairé, manque cependant de microswitches et les puristes regretteront aussi les boutons en losange plutôt qu’en ligne, d’autant qu’on ne peut hélas pas les configurer.

La Neo·Geo Mini et la Mini NES

C’est une Mini NES à gauche donc oui, la Neo·Geo Mini est compacte !

Mais, si la Neo·Geo Mini se révèle plutôt convaincante en mode nomade, elle n’est pas totalement portable ; elle ne dispose pas de batterie interne. Elle consomme toutefois peu et une batterie externe de mobile fera l’affaire, et comme le câble USB est fourni mais pas l’embout, on aura aussi vite fait de la brancher à un PC ou directement à sa télévision. Or c’est là que commencent les problèmes ! Déjà, le câble mini-HDMI n’est pas fourni et, même si ça ne coûte pas cher, ce format n’est plus très utilisé… Mais au fond, ça a peut-être été fait pour nous préserver d’une encore plus grosse déception. Branchée au téléviseur, la console remplace automatiquement les réglages de la luminosité et du volume par deux options. « Écran » permet de choisir le format de l’image (16/9 par défaut !) et « Optimisation de la qualité de l’image » d’activer ou pas un vilain filtre sachant que sans, l’image reste désespérément floue… Et c’est vraiment dommage quand on voit que les rééditions de la gamme Arcade Archives offrent des options autrement plus satisfaisantes. Sur Neo·Geo Mini, elles sont clairement réduites à l’essentiel ; à l’écran de sélection, on peut seulement choisir la langue et l’ordre de tri tandis qu’en cours de partie (en appuyant sur Select et Start), on peut charger et enregistrer jusqu’à quatre sauvegardes par jeu. Et c’est plutôt bienvenu car chaque joueur ne dispose que de quatre crédits et il ne semble pas possible d’en ajouter !

À ce sujet, pour jouer à deux ou pour avoir un peu plus de confort, il faudra faire l’acquisition d’au moins une manette en prime – l’un des deux joueurs peut utiliser les contrôles intégrés à la borne. Répliquant les populaires pads de la Neo·Geo CD, ces manettes coûtent tout de même 29 € pièce (et elles ne servent qu’à ça a priori) mais se révèlent plutôt agréables à utiliser ; elles sont dotées de longs câbles (deux mètres), et le placement des boutons, en losange aussi mais légèrement de biais (contrairement à un pad Super Nintendo ou actuel), est parfaitement adapté à la prise en main. La déception vient plutôt du stick, puisque l’original doté de microswitches a été remplacé par un stick analogique plus « moderne » mais pas vraiment adapté aux jeux rétro. En l’absence d’une base octogonale typiquement, ce n’est pas le petit plot pour indiquer le haut qui aidera à gagner en précision… Par ailleurs, les manettes de l’époque n’avaient bien sûr pas été conçues pour faciliter l’appui simultané sur Select et Start, ce qui nécessitera ici de repositionner sa main – pas toujours pratique pour une sauvegarde rapide. Cependant, les plus optimistes constateront que la connectique utilisée est de l’USB-C, ce qui ouvre potentiellement la porte à d’autres périphériques – pourquoi pas une reproduction du stick arcade Neo·Geo ? – quitte à ce que des fabricants tiers s’y collent. Et vu l’ardeur des fans, cela ne semble pas totalement impensable…

La manette de la Neo·Geo Mini

Notez le plot sur le stick analogique ; l’orientation spécifique des boutons n’est en revanche pas flagrante sous cet angle

Côté jeux, il en manquera forcément quelques-uns pour chacun de nous – moi, j’aime bien Ninja Commando (1992) et Top Hunter (1994) présents seulement dans le modèle japonais par ailleurs trop chargé en jeux de combat à mon goût – mais de manière plus objective, on regrettera surtout l’absence de titres d’éditeurs tiers comme Viewpoint (1992), Windjammers ou Puzzle Bobble (1994), sans doute pour des problèmes de droits. Et, de manière pour le coup bien moins justifiable, si la plupart des séries sont représentées par leur(s) meilleur(s) épisode(s), il y a des exceptions étranges comme Art of FightingSuper Sidekicks (1992) et Real Bout Fatal Fury (1995). En outre, on n’a droit ici qu’à des versions AES (*). Mais au moins, en dehors de l’affichage 720p (un peu moins laid sur un moniteur PC), l’émulation semble irréprochable ; les ralentissements éventuels sont d’époque. Cependant, il faut évoquer la question délicate du prix : 129 €, sans manette et sans câble mini-HDMI, donc. Pour être honnête, il était quand même prévisible que la Neo·Geo Mini soit sensiblement plus chère que la Mini Super Nintendo (79 €). Certes, cette dernière disposait de deux manettes (contrairement à sa grande-sœur), mais on a ici le double de jeux et surtout un (bon) écran intégré. Néanmoins, le fait que la barre psychologique des 100 € soit franchie, ce qui n’était pas le cas au Japon où elle affichait un prix de 12.420 yens TTC soit 97 €, a refroidi beaucoup de joueurs et incitera davantage à réfléchir avant de se jeter dessus…

Alors quelles questions se poser ? En résumé, en dehors des collectionneurs qui l’auront déjà récupérée, la Neo·Geo Mini s’adresse plutôt à ceux qui comptent y jouer en mode nomade, ou du moins sur le coin d’un bureau compte tenu de son absence de batterie. Mais on la déconseille franchement à ceux qui ne jouent à la Switch qu’en mode connecté à la télévision typiquement ; la compatibilité HDMI constitue clairement la plus grosse déception de la machine et, sans possibilité de mettre à jour le firmware, on ne voit pas comment ça pourrait s’arranger…

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