TEST : Cursed Castilla EX

Cursed Castilla EX (Windows, Xbox One, PlayStation 4, 3DS)CURSED CASTILLA EX
Windows, Xbox One, PlayStation 4, 3DS
Catégorie : action/plateforme
Joueurs : 1
Développeur : Locomalito
Éditeur : Abylight Studios
Date de sortie : 20/07/2016 (Xbox One), 20/10/2016 (Steam), 11/01/2017 (PS4),  13/07/2017 (3DS)
Prix : 11,99 €
Site Officiel : [Maldita Castilla EX]
(testé sur 3DS)

Si nous avions déjà testé le freeware original, Maldita Castilla, fin 2012, il nous semblait pertinent de revisiter le néoclassique de Locomalito à l’occasion de cette nouvelle version, d’autant que l’exercice se justifie plus du fait qu’elle soit payante. Et puis pour être honnête, votre serviteur n’était pas allé bien loin à l’époque et ses articles étaient nettement plus expéditifs qu’aujourd’hui… En outre, ce Cursed Castilla EX, développé en collaboration avec le studio Abylight, offre deux niveaux inédits (l’aqueduc et la caverne, ajoutés après le quatrième) pour un total de huit, sans compter les (bien modestes) stages bonus. On trouvera aussi deux nouvelles armes sur lesquelles nous reviendrons, des filtres graphiques et d’autres joyeusetés comme un codex dont la première rubrique (héros, objets et secrets) est entièrement disponible d’emblée, mais dont les deux autres (le bestiaire et le sound test) se rempliront chaque fois que le niveau correspondant sera franchi. On notera aussi la présence de « prouesses » mais – que les puristes se rassurent – elles sont toutes difficiles à débloquer. Enfin, le jeu est intégralement en français et cela reste quand même très appréciable malgré quelques tournures étranges.

De plus, le portage 3DS abordé ici va encore plus loin dans le trip rétro ; le jeu est présenté sous la forme d’un borne d’arcade façon SEGA 3D Classics, avec sur l’écran tactile des joysticks et des boutons qui marchent bien que ça ne soit pas très pratique, et qui réagissent quand on appuie sur ceux de la portable ! Juste en dessous, le panneau du meuble est rétractable et donne accès au fameux DIP Switch, mais les quatre interrupteurs offrent peu d’options, disponibles aussi via le menu du jeu : inversion de la fonction des boutons, activation du mode speedrun et trois modes vidéo. Concernant ces derniers, on recommandera en plus de se cantonner au mode par défaut, le seul qui soit réellement « pixel perfect ». Il est cependant très réussi et tire parti de l’écran auto-stéréoscopique de la console, donnant l’impression que le jeu est affiché sur un moniteur derrière une vitre décorée. L’action joue elle-même sur la profondeur, mais comme on n’est pas dans Out Run ou Power Drift, l’effet reste discret. Au moins, ceux qui prétendent que la 3D fait mal aux yeux n’auront là aucune excuse de ne pas pousser le curseur à fond… Cela dit, l’adaptation n’est pas exempte de défauts avec des transitions parfois étranges (écran noir un peu long ou son qui saute), mais rien de grave ou qui ne puisse être corrigé par une mise à jour.

Le boss Tragaldabas exclusif à la version EX

Ce boss, Tragaldabas, est non seulement exclusif à la version EX du jeu, mais tire particulièrement parti de l’effet 3D sur 3DS

L’esprit du freeware de 2012 est en tout cas bien entendu conservé, et il s’agit toujours d’un superbe hommage à Ghouls’n Ghosts (1988). Mais que ceux qui ont été traumatisés par le classique de Capcom se rassurent ; le jeu de Juan Antonio Becerra est nettement plus accessible, en particulier dans ce Cursed Castilla EX où l’on peut reprendre la partie au dernier niveau atteint. De plus, Don Ramiro dispose de trois points de vie, saute de manière (un peu plus) contrôlable, et surtout les ennemis n’apparaissent pas aléatoirement. Seuls quelques-uns respawnent à l’infini, mais toujours du même endroit. Et c’est vraiment cela qui fait la différence, car il est donc ici possible d’apprendre le déroulement de l’action par cœur, offrant ainsi au joueur une marge de progression bien plus grande. Ce qui est d’autant bienvenu que l’on rencontrera rapidement des ennemis très résistants (les bourreaux) et des boss bien coriaces (Fou Quichotte). L’autre différence notoire avec Ghouls’n Ghosts réside dans la gestion des bonus, où l’on ne trouve aucun malus. Mais surtout, à condition de faire un minimum attention, on ne ramassera jamais une arme non voulue ; il suffit de prendre le bonus au moment où il affiche celle que l’on veut. Ce qui demandera toutefois un peu de patience, surtout dans cette version !

En effet, on a donc droit à deux nouvelles armes en plus des quatre de l’original. Pour rappel, Maldita Castilla proposait une épée de base finalement très efficace – ce qui n’est pas plus mal puisqu’on se retrouve avec à chaque vie perdue –, une hache qui se lance en cloche façon Castlevania et qui se montre rarement utile puisque l’on peut tirer vers le haut, des bolas à la trajectoire oscillante pas franchement convaincante mais qui demeurent fonctionnels, et enfin la faucille, à la portée courte mais qui revient comme un boomerang à la manière du crucifix du classique de Konami, en nettement plus rapide… Hormis cette dernière arme, très bonne contre les boss, on ne peut pas dire que l’arsenal du jeu de 2012 incitait à varier les plaisirs. Or si l’eau bénite de Cursed Castilla EX est encore plus difficile à maîtriser mais aussi encore plus puissante que la hache, les poignards s’imposent comme l’une des meilleures armes du jeu. Ils sont certes peu puissants d’autant qu’on ne peut pas les lancer à un rythme aussi soutenu que l’épée, mais le tir triple se révèle salvateur dans de nombreuses situations, d’autant qu’on ne peut pas faire feu en diagonale, à l’ancienne. À cet arsenal s’ajoute également une pièce d’équipement secondaire, qui suscitera sans doute des dilemmes autrement plus douloureux.

Les dagues sont particulièrement utiles contre ce type d'ennemis en hauteur

Les dagues sont particulièrement utiles contre ce type d’ennemis en hauteur, mais il est possible qu’il faille l’épée dans ce niveau pour obtenir… Mystère !

Car il faudra donc souvent choisir entre un bouclier protégeant d’un coup, un double saut sacrément utile dans les phases de plateformes, ou encore une fée qui attaque vos ennemis… Pire encore, vous ne pourrez pas garder ces objets et prendre en même temps le bonus doublant votre score (à condition de terminer le niveau avec), ni ramasser la boule de cristal bien utile pour dénicher certains secrets, ni vous emparer d’une clé surtout, qui peut ouvrir une porte menant à un trésor indispensable pour accéder à la vraie fin du jeu ! Et le choix est d’autant plus cornélien que si vous optez pour la clé, il faudra parfois survivre ensuite assez longtemps pour avoir l’occasion de l’utiliser, et sans l’aide d’un objet qui aurait donc pu vous aider… Mais tout dépend de la fin que vous souhaitez obtenir. Grâce à une excellente marge de progression, tout le monde peut voir la (mauvaise) fin de l’aventure, même votre serviteur, quitte à utiliser une vingtaine de crédits. Car il y a certes quelques passages bien pénibles (la tour, les tortues, la chenille) mais ils sont en fait assez courts, et on finit par les franchir avec de la persévérance. Même certains boss intimidants au départ paraissent enfantins une fois que l’on a saisi la technique ! Il faut dire aussi que perdre un crédit renvoie au dernier checkpoint et non au tout début du niveau…

Du coup, on peut réellement se demander ce qui différencie le crédit d’une simple vie mais, outre le fait que le score est réinitialisé quand on en perd un, ce qui empêche d’ailleurs d’enregistrer son score si on décide de poursuivre la partie, il est impossible de voir la meilleure fin en utilisant plus qu’un seul crédit ! On aura quand même droit à une fin intermédiaire en utilisant moins de quatre crédits cependant, et on pourra accéder au dernier niveau en réunissant les cinq larmes de Moura. Cursed Castilla EX est donc clairement conçu pour être refait plusieurs fois (d’où la présence d’un mode speedrun), ce qui permet de constater que l’on s’améliore à chaque partie. Le titre regorge en plus de secrets optionnels à dénicher même si beaucoup ne servent qu’au scoring. On notera quand même des items d’invincibilité bien utiles parfois, ou encore une septième arme secrète ! Pour les trouver, on vous conseille de tirer en l’air façon Metal Slug, ou de vous agenouiller devant les signes religieux à la manière d’un Simon’s Quest… Les vétérans du freeware original auront d’ailleurs la bonne (ou mauvaise ?) surprise de découvrir que beaucoup de secrets ont changé de place, et les ajouts de cette nouvelle version ne défigurent en rien le chef d’œuvre d’origine. Un profane aurait d’ailleurs bien du mal à identifier les nouveautés.

La chenille est indéniablement l’un des passages les plus difficiles ; il faut soit une bonne arme, soit un timing irréprochable…

L’aventure est surtout plus longue mais il n’est plus nécessaire de la faire d’une traite, et le tout conserve une grande cohérence aussi bien sur le plan du fond que de la forme. Il faut dire que la réalisation est superbe de bout en bout, avec un « pixelart » orthodoxe qu’il est bien difficile de prendre en défaut, de même que la cinquantaine de mélopées très inspirées de Javier García « Gryzor87 » qui émulent rigoureusement la puce Yamaha YM2203, utilisée par les jeux d’arcade auxquels le titre fait référence. On a droit à un vrai concentré de nostalgie, avec en prime quelques nouveaux clins d’œil inattendus, à Pang (1989) par exemple ! Cursed Castilla EX enrichissant un excellent jeu, j’avais hésité à lui mettre une note encore plus élevée mais à l’époque, Maldita Castilla était déjà l’un de nos préférés – ex æquo avec le remarquable remake d’Ocarina of Time, rien que ça ! Et il a eu pas mal de concurrence depuis sur le créneau du néorétro, ce dont on ne va pas se plaindre… Après, à ceux qui se demandent si les ajouts de cette version justifie le fait qu’elle soit payante, je répondrai que le freeware original aurait déjà dû coûter au moins 10 € de plus en 2012 ! Locomalito a certes toujours mis un point d’honneur à proposer son travail gratuitement, mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas le récompenser à sa juste valeur…

Verdict : Déjà excellent en 2012, Maldita Castilla revient dans une version encore plus riche mais aussi plus accessible, sans renier pour autant son identité résolument old school.

100hbpm

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