TEST : Tiny Barbarian DX

Tiny Barbarian DX (Windows, Mac OS X, Linux, Switch)TINY BARBARIAN DX
Windows, Mac OS X, Linux, Switch
Catégorie : action/plateformes
Joueurs : 1-2
Développeur : StarQuail Games
Éditeur : Nicalis
Date de sortie : 10/10/2017
Prix : 29,99 €
Site Officiel : [StarQuail Games / Nicalis]
(testé sur Switch)

Nos plus fidèles lecteurs se souviendront peut-être que nous avions déjà publié un test de Tiny Barbarian DX. Mais c’était il y a plus de quatre ans déjà, et surtout le jeu de StarQuail Games était à l’époque proposé dans une version très incomplète, puisque seul le premier des quatre épisodes était alors disponible ; le deuxième est arrivé plus d’un an après… Néanmoins, s’il nous semble pertinent de nous replonger dans cette création maintenant qu’elle est bel et bien achevée, notre précédent test n’est pas caduc pour autant et on vous conseille de le (re)lire au préalable ; rien (ou presque) n’a été en effet modifié dans ce qui était déjà présent. On retrouve donc dans la version finale les graphismes lilliputiens mais ciselés avec précision et somptueusement animés par Michael Stearns, les thèmes entraînants et mémorables composés par Jeff Ball, une grande variété dans les mécaniques de jeu, et surtout un gameplay solide mêlant plateforme exigeante mais avec une bonne marge de progression, et un côté beat ’em up simple à appréhender mais satisfaisant, en particulier quand il permet de jongler avec les ennemis même morts dans un combo infernal !

Et si la version PC a naturellement été mise à jour pour refléter l’arrivée de deux épisodes et d’un mode deux joueurs, le plaisir de retrouver tout cela est encore décuplé sur Switch, d’autant que le format cinémascope du jeu sied bien à la console en mode nomade – même si c’est psychologique. En outre, à l’époque du premier test, la manette Xbox 360 n’était pas encore compatible et votre serviteur avait dû principalement jouer au clavier ; c’était bien laborieux d’autant que le grip automatique (optionnel) n’a été ajouté qu’à l’arrivée de l’épisode 2. Mais à la réflexion, la croix directionnelle tristement célèbre de la console de Microsoft aurait sans doute provoqué quelques crises de nerf, avec la combinaison haut + saut qui serait sans doute sortie par erreur ! Alors que les boutons de direction sur Switch sont très fiables d’autant que le jeu n’exploite pas vraiment les diagonales. Je me suis donc surpris à progresser bien plus rapidement que sur PC, malgré quelques passages qui demandent toujours un minimum d’entraînement (le fameux ascenseur ou les séquences de courses-poursuites). Je suis tout de même mort vingt fois dans le premier épisode et près de cent (!) dans le deuxième, mais la grande majorité de ces vies perdues l’ont été face aux différents boss, dont les affrontements sont en plus souvent scindés en plusieurs parties à la fin de chaque chapitre. Et puis Tiny Barbarian DX est un jeu où les tentatives s’enchaînent vite.

Les séquences de courses-poursuites exigent parfois un timing précis

Les séquences de courses-poursuites (ici avec un rocher dans l’épisode 2) exigent parfois un timing précis

Lorsque l’on perd ses six points de vie ou que l’on tombe dans un trou, on recommence au début la « salle » courante, sachant que les séquences sont de taille variable. Les vies sont infinies mais si l’on quitte la partie, il faudra reprendre au dernier checkpoint indiqué par une mention en bas à gauche de l’écran et en général, mais pas toujours, souligné aussi par l’apparition d’une carte (désactivable pour les plus pressés) montrant le chemin parcouru façon Ghouls’n Ghosts. On trouve bien entendu des sauvegardes avant et après les boss, mais il faut bien faire attention à leurs positions avant de quitter sa partie, d’autant qu’il est devenu naturel de la suspendre à tout moment sur Switch. La marge de progression est ainsi très bonne, car les passages vraiment longs et sans checkpoint sont plutôt rares ; la séquence de fuite à dos d’abeille dans l’épisode 2 multiplie par exemple de manière bienvenue les « salles » vu qu’il est difficile de ne pas se faire toucher. De manière générale, comparé à un Cursed Castilla EX qui repose bien davantage sur le par cœur, Tiny Barbarian DX me semble globalement plus accessible, déjà parce que les vies sont infinies, donc, mais aussi parce que les pics de difficulté sont ponctuels. Certains passages même tardifs au sein de chaque épisode peuvent d’ailleurs se franchir à la première tentative avec un peu de prudence, afin de déclencher les ennemis un par un et d’identifier les blocs contenant de la nourriture.

Comme on l’a dit précédemment, certains passages comme les courses-poursuites basées sur un timing précis à la Donkey Kong Country demanderont cependant de l’entraînement, et ce sont surtout les boss – et il y en a plusieurs par épisode ! – qui causeront le plus de frustrations. En effet, l’intelligence artificielle des ennemis est étonnamment travaillée, et même s’ils suivent différentes routines, il y a toujours une part d’aléatoire dans leur comportement. Ainsi, même en ayant mémorisé leurs différentes attaques, on ne fera pas toujours mieux à chaque tentative contre un boss. On pourra avoir plus de chance lors d’un essai donné, et il faut surtout faire preuve de beaucoup de persévérance pour rester concentré durant des affrontements qui traînent parfois en longueur, d’autant que les occasions d’attaques peuvent être peu nombreuses contre certains d’entre eux, surtout si l’on ne veut pas prendre trop de risques… Il nous est d’ailleurs arrivé plusieurs fois de bourriner sur la fin, pour devoir recommencer alors que le boss n’avait presque plus de vie, voire était carrément mort ! Mais bien évidemment, le corollaire de cette difficulté élevé mais surmontable – si je peux y arriver, tout le monde peut – est que chaque victoire est d’autant plus gratifiante. Et puis même si chaque épisode se termine par un gros affrontement en plusieurs phases, le jeu sait ménager des pauses entre deux pics de difficulté.

L'escalade de la tour dans l'épisode 3 offre un chouette effet visuel

L’escalade de la tour dans l’épisode 3 offre un chouette effet visuel

Tiny Barbarian DX offre surtout de la variété car si l’on retrouve certains types de séquences (courses-poursuites, animal à chevaucher) d’un épisode à l’autre, chacun présente un univers et des mécaniques de gameplay différent·e·s. The Serpent Lord (20 morts) est pour rappel clairement inspiré du film Conan le Barbare (1982) avec sa séquence des vautours, ses serpents, mais aussi des Maîtres de l’Univers avec son tigre de combat. Ruins of Xanadu (98 morts) est lui peuplé de gorilles, d’abeilles géantes et de lianes ; il ose d’ailleurs un clin d’œil à Donkey Kong, et se permet même une séquence en dirigeable façon Flying Battery Zone dans Sonic & Knuckles ! En revanche, Sinister Tower (169 morts) est moins original en termes d’univers, mais il se révèle bien coton avec ses phases de plateformes à base de rouages et surtout deux nouvelles mécaniques. On trouve tout d’abord des niveaux sur deux plans à la Mutant Mudds, dont le level design est plutôt ingénieux mais se révèle assez perturbant et surtout peu lisible ; on conseille d’ailleurs de désactiver le grip automatique pour éviter les changements de plan involontaires… Et on aura également la surprise de tomber sur deux tours à escalader rappelant Super Ghouls’n Ghosts voire Nebulus, et la seconde est carrément brutale. Enfin, on a carrément droit à un boss en trois parties même si les deux premières sont (un peu) plus faciles qu’à l’accoutumée. Et ça vaut le coup d’en voir le bout…

Car le quatrième et dernier épisode, Threat from Beyond est une très belle surprise finale. Au départ, il donne l’impression de revenir au décor et aux ennemis du premier épisode, puis il balance sa chouette séquence de convoi à la Mad Max, qui m’aura tout de même demandé parfois de laisser de la nourriture pour venir la rechercher plus tard… Et après ce prologue, l’aventure prend carrément une tout autre dimension que ce soit sur le plan de l’univers comme du gameplay ! Les choses reviennent (légèrement) plus à la normale sur la fin, quoiqu’on ne s’attendait pas à voir un clin d’œil à un blog de jeux vidéo… On comprend mieux pourquoi on trouve très peu de captures d’écran de cet ultime épisode, et on n’en dira pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. J’avoue tout de même humblement ne pas être parvenu à en voir le bout, la seconde (et dernière j’espère) forme du boss final s’avérant franchement relevée… Je progressais certes régulièrement, mais il m’aurait fallu encore de très nombreux essais pour y arriver, et j’ai déjà dépassé le cap des quinze heures de jeu. Chaque chapitre peut certes se terminer en une poignée d’heures, mais les épisodes 3 et 4 sont quand même bien longs et Tiny Barbarian DX est clairement un titre qui se parcourt par petites doses, ne serait-ce que pour retrouver son calme (et laisser repousser ses cheveux) après un pic de difficulté. La durée de vie est donc très correcte.

À deux joueurs, il est possible de s'entraider pour s’agripper à un rebord

À deux joueurs, il est possible de s’entraider pour s’agripper à un rebord

En outre, chaque épisode regorge de diamants cachés dans des blocs destructibles, toujours identifiables car ils sont fissurés d’une certaine manière, mais il n’est pas pour autant si simple de les repérer dans ces décors très denses… Ces diamants ont le bon goût de ne pas réapparaître une fois ramassés, même si l’on meurt juste après, et on sait en fin d’épisode combien on en a ramassé, et combien il en reste. D’autre part, si l’on regrettera l’absence de succès sur Switch, le jeu offre toujours le mode de survie Vs. The Horde ainsi que d’autres à débloquer. En outre, il est désormais possible dès le départ, et même en cours de partie, d’être rejoint par un second joueur. Nous n’avons pas testé assez longtemps cette fonctionnalité pour voir si ça rend le jeu plus facile sans trop gêner la lisibilité, mais chaque joueur dispose de sa jauge d’énergie et peut ressusciter immédiatement en piquant la moitié de celle de l’autre. À noter que si le second joueur sort de l’écran, il meurt. Mais outre l’accrochage au plafond qui semble parfois étrangement indulgent, le seul vrai reproche que l’on peut faire à Tiny Barbarian DX concerne le prix élevé en dématérialisé, aligné sur l’édition physique Switch avec sa magnifique jaquette signée Susumu Matsushita, l’illustrateur de Famitsu, et ses sympathiques goodies. Comme elle n’est (pour le moment ?) disponible qu’en import, cela pénalise les joueurs européens mais aussi et surtout les joueurs PC.

Verdict : Même s’il se réserve à des joueurs aguerris et surtout persévérants, Tiny Barbarian DX est un excellent jeu d’action/plateformes, et nettement plus généreux qu’il n’y paraît !

100hbpm

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