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TEST : 3D Space Tank (DSiWare)

3D SPACE TANK – DSiWare
Catégorie : shoot ’em up 3D
Joueurs : 1
Développeur : Q-Games
Éditeur : Nintendo
Date de sortie : 16/07/2010
Prix : 800 points (8 €)
Site Officiel : http://www.nintendo.fr/NOE/fr_FR/games/dsiware/3d_space_tank_18549.html

3D Space Tank est sorti il y a plus d’un an dans l’indifférence quasi-générale, sur un service de téléchargement déjà souvent ignoré. Le titre européen, terriblement générique, n’a sans doute pas aidé, mais « X-Returns » n’aurait probablement éveillé aucun souvenir non plus. Il nous faut donc rappeler un peu la longue genèse de ce jeu. Tout commence en 1982 avec la création de la société Argonaut Games, rapidement spécialisée dans les shoot ’em up en 3D fil-de-fer (y compris sur ZX Spectrum !), et principalement connue pour Starglider. Au début des années 90, Nintendo décide de prendre en charge le développement d’un de leurs jeux Game Boy, et c’est ainsi que Dylan Cuthbert est amené à créer X aux côtés de Yoshio Sakamoto, Monsieur Metroid.

Premier jeu en 3D sur console portable, X sera considéré par le magazine Famitsu comme l’un des 4 jeux les plus importants sur Game Boy. Et c’est sans doute ce qui poussera Nintendo à commander au studio londonien la puce Super FX de la Super Nintendo. Dylan Cuthbert, qui a entre-temps créé Star Fox avec Shigeru Miyamoto, a fondé en 2001, à Kyoto, le studio Q-Games. Il y développe aussi bien des jeux pour la concurrence que sur console Nintendo, dont Star Fox 64 3D. Et parmi les quelques perles que sa société a réalisées sur le DSiWare, on trouve 3D Space Tank, qui n’est autre que la suite de X, 18 ans après l’original. Et il en reprend d’ailleurs les grands principes.

On se retrouve du coup face à un jeu bien plus rétro qu’on pourrait le penser au premier abord. Avec son « astrotank » qui passe tout le début du jeu au sol, et son game design un peu ésotérique à première vue, le titre rappelle davantage Dark Side (1988) que Star Fox. La formule est la suivante : vous devez explorer chaque planète pour activer des portails vers d’autres planètes à l’aide de cristaux. Ce faisant, vous pourrez accomplir des missions facultatives qui vous permettront de glaner de l’expérience et d’améliorer votre vaisseau. Enfin, chaque voyage interplanétaire se traduit par une phase de course contre la montre dans des tunnels où il faut esquiver les obstacles et récupérer des secondes supplémentaires.

Et comme certains portails ou certaines missions exigent d’avoir atteint un certain niveau, vous ferez de nombreux allers-retours avant de faire face au Commandeur devenu fou. On peut facilement passer de 8 à 10 heures pour en voir la fin, ce qui est très respectable pour le support et le prix. Mais la durée de vie est tout de même gonflée par certains pics de difficulté, et surtout par les longs moments d’errance dans ce jeu qui assume une certaine opacité à l’ancienne. Il faut dire que le design visuel à la TRON, très classe mais extrêmement épuré, donne aux environnements un manque de lisibilité, d’autant que chaque map boucle à l’infini.

Mais le gros point noir du jeu réside plutôt dans ses contrôles. En mode tactile, ceux-ci pourront sembler laborieux à certains, et demanderont en tout cas un temps d’adaptation. Il est possible de jouer aux boutons, mais le manque d’analogisme de la croix directionnelle et le fait que les boutons servent à activer les armes secondaires plutôt qu’à faire feu démontre que le jeu a été pensé pour le stylet. Rien de rédhibitoire toutefois, d’autant que le jeu comporte une aide à la visée. Mais ne vous attendez pas à piloter avec la grâce d’un Fox McCloud, même quand le VIXIV se voit équipé de réacteurs pour planer, ce qui fait baisser votre énergie !

En revanche, il est indéniable que tous ces aspects, positifs comme négatifs, contribuent à donner au jeu une atmosphère unique. Et Kazumi Totaka n’y est pas étranger non plus. Ce compositeur génial, qui a débuté dans le jeu vidéo avec X justement (qui voit la première apparition de son fameux thème caché), a signé les musiques de classiques comme Link’s Awakening, Super Mario Land 2, Yoshi’s Story, Luigi’s Mansion ou encore Animal Crossing. Il accompagne 3D Space Tank d’une BO particulièrement variée, allant de l’ambiance minimaliste et synthétique à la Vangelis au morceau disco (le thème des tunnels rappelle l’E=MC² de Moroder), et comprenant même quelques pistes exotiques chantées à l’auto-tune !

Verdict : Au milieu d’une avalanche de jeux 2D obsédés par les pixels, 3D Space Tank est une véritable bouffée d’air frais, tout aussi rétro mais à l’atmosphère hallucinogène.

70hbpm

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  • Mr Mouette

    Hey! Ça tombe drôlement bien, je me tâtais dernièrement, ne sachant pas trop s’il valait le coup. Merci d’avoir pris le temps de le tester!