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TEST : La-Mulana (WiiWare, PC)

LA-MULANA – WiiWare, PC
Catégorie : aventure/plateformes
Joueurs : 1
Développeur : Nigoro
Date de sortie : 13/07/2012 (PC), 20/09/2012 (WiiWare)
Prix : $14.99 (PC), 10 € (WiiWare)
Site Officiel : http://la-mulana.com/en/
(testé dans sa version PC)

Lorsque Nigoro sort La-Mulana sous forme de freeware en 2005, l’idée est de rendre hommage au MSX et notamment à des jeux comme The Maze of Galious. Le standard de micros japonais se retrouve alors partout dans le jeu, de la palette de 16 couleurs à la maniabilité old-school, en passant par de nombreuses références parfois intégrées au gameplay (la nécessité d’acheter une Game Master ROM pour sauvegarder…). C’est peut-être pour s’ouvrir à un public plus large que le studio a décidé de créer un remake au style 16-bit, plus parlant pour les possesseurs occidentaux de Wii. Mais attention, tout ne s’est pas perdu en cours de route, loin de là…

Je sais pas pour vous, mais moi je trouve ça sublime !

La principale différence entre les deux versions tient d’ailleurs à la réalisation. La cuvée 2011 ne dépareillerait pas sur une Super Nintendo, avec tout de même quelques effets de transparence plus 32-bit. Et à vrai dire, le jeu se placerait sans doute dans le haut du panier de la console sur le plan technique. On a rarement vu un pixelart d’une telle finesse ! C’est plutôt au niveau de l’animation et de la taille des sprites que le titre trahit ses influences originelles. Quant aux musiques, elles sont superbes, mais leur côté étonnamment énergique et parfois poussif n’est pas très adapté à un jeu dans lequel on peut rester longtemps bloqué au même endroit.

Sa réputation de jeu difficile est en effet justifiée, mais pas forcément dans le sens auquel on pense. Il est vrai que la maniabilité est toujours aussi rigide, avec des sauts difficiles à contrôler (façon Ghouls ‘n Ghosts) et des ennemis qui ont la vilaine habitude de vous projeter en arrière au moindre contact. Heureusement, les chutes même très élevées ne sont pas fatales ! Et comparé à certaines productions récentes, on est presque surpris d’avoir droit à une vraie jauge d’énergie. Cette dernière peut en outre être étendue via des orbes sacrés qu’il est possible de trouver assez rapidement, sans nécessairement passer par des épreuves délicates ou battre un boss.

Le village de départ, avec ses boutiques et son point de sauvegarde (en haut à droite)

Les ennemis libèrent d’ailleurs des pierres d’esprit qui remplissent une jauge ; lorsque celle-ci est égale à votre jauge de vie, cette dernière se remplit au maximum. Il y a également des objets qui vous faciliteront la vie, à récupérer le plus tôt possible, comme le Graal qui permet de se téléporter à tout moment vers n’importe quel point de sauvegarde déjà visité, et notamment à celui du village non loin d’une source régénératrice. Seulement voilà, si ce Graal se trouve dans la première zone, l’énigme à résoudre pour le trouver n’est pas simple. Et un joueur mal informé pourra ainsi passer à côté et se rendre l’aventure bien pénible, voire se bloquer totalement.

La difficulté du jeu tient plutôt à sa structure, bien plus libre que dans un Metroidvania d’aujourd’hui. On peut dès le départ accéder à plusieurs zones, et même si les boss sont ardus, on peut longtemps progresser sans avoir à les affronter. Pour ne pas se perdre, il est nécessaire de lire l’adorable manuel du jeu, hélas en engrish comme la plupart des indices présents dans le jeu du reste. On aura du coup vite tendance à se tourner vers le Wiki, dont la section remake est cela dit encore un work-in-progress. On constate d’ailleurs qu’il ne comporte pas de walkthrough traditionnel puisque, encore une fois, la progression n’est pas du tout linéaire.
Remarque : à l’occasion de sa sortie sur le WiiWare européen, l’éditeur EnjoyUp a créé un manuel (hélas plus concis) et un didacticiel en vidéo, tous deux dans un français correct grammaticalement mais malheureusement pas toujours très précis… C’est mieux que rien !

Résoudre cette énigme vous octroiera une nouvelle arme

L’essentiel acquis, l’aventure est assez plaisante mais se complique bien vite après quelques heures ; on se retrouve alors dans un cercle vicieux où l’acquisition d’un objet en exige un autre, qui en exige un autre, etc. Il est clair que La-Mulana renoue avec un hermétisme à l’ancienne que l’on trouvait dans le premier Legend of Zelda ou dans Tower of Druaga. Le nombre d’objets à trouver est incroyable (armes primaires, secondaires, artefacts et… programmes informatiques) et le jeu regorge de secrets (les différents effets des combinaisons de programmes, un pot qui fait office de tuyau de Mario, etc.), ce qui lui confère une durée de vie conséquente.

Verdict : Si sa complexité en effraiera plus d’un, les plus patients seront récompensés par un jeu d’une grande richesse et à la réalisation époustouflante. Un véritable chef d’œuvre du néorétro.

90hbpm

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