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TEST : Steel Empire

Steel Empire (Nintendo 3DS)STEEL EMPIRE
3DS (remake)

Catégorie : shoot ’em up
Joueurs : 1
Développeur : Starfish SD/Mebius
Éditeur : Teyon
Date de sortie : 17/12/2015
Prix : 15,99 €
Site Officiel : http://www.teyon.com/games/steel-empire/

Sorti sur Mega Drive en 1992, Steel Empire a obtenu un statut de jeu culte, en particulier au Japon où les univers steampunk ont été démocratisés par Hayao Miyazaki notamment. Appelé là-bas Kôtetsu Teikoku, il avait fait l’objet d’une première réédition sur Game Boy Advance par Starfish, un studio fondé par des anciens de HOT·B, le développeur d’origine. Plutôt réussie, cette version avait le désavantage de modifier le level design pour s’adapter à la résolution de la portable. Dès 2012, la communauté a donc réclamé un remake profitant des plateformes de téléchargement des consoles d’aujourd’hui, mais le créateur du jeu Yoshinori Satake avait estimé que ce serait difficile, le code source de l’original ayant disparu. Il avait même teasé une éventuelle suite, mais c’est finalement un remake qui a fait son arrivée sur 3DS en mars 2014 au Japon, et quelques mois plus tard aux États-Unis, créant ainsi beaucoup de frustration et donc d’attente chez les joueurs européens. Il est finalement sorti chez nous un an et demi plus tard, mais à un tarif moindre même s’il pourra sembler élevé pour un jeu eShop. Or il faut bien avoir conscience qu’il ne s’agit pas d’une simple réédition mais d’un remake en bonne et due forme !

À la manière d’Ocarina of Time 3D, le jeu pourrait ressembler au souvenir embelli de l’original, mais il suffit de jeter un œil à une vidéo comparative pour se rendre compte de l’étendue de la refonte visuelle. Les graphismes conservent leur pixelart d’antan mais s’affranchissent de la palette de couleurs limitée de la Mega Drive et de la résolution faible de la Game Boy Advance pour un résultat somptueux, digne des meilleurs jeux 2D sur consoles 32-bit. Le remake profite également de nombreux effets spéciaux, et bien entendu d’une 3D stéréoscopique très réussie sans être envahissante. Celle-ci souligne surtout la profondeur des paysages et se contente de quelques effets de jaillissement quand les boss explosent en mille morceaux. Mais bien évidemment, ce résultat doit beaucoup à l’ambiance steampunk assez unique du shoot ’em up, soi-disant basé sur un roman fictif éponyme signé Caar H. Schitch en 1819… L’univers est en tout cas très travaillé, et pousse par exemple le détail jusqu’à une représentation de l’espace dans le dernier niveau conforme à ce qu’en croyaient les gens au dix-neuvième siècle ! Et du côté du gameplay, Steel Empire sait se démarquer également de la masse des jeux du genre.

L'univers de Steel Empire a un cachet indéniable...

L’univers de Steel Empire a un cachet indéniable…

La première originalité de ce shoot ’em up repose dans son système de montée en puissance, évoquant presque un RPG. Lorsque l’on ramasse un power-up (P), rien ne se passe à moins qu’il s’agisse du troisième ; on passe alors au rang suivant et la puissance et la cadence de feu augmentent. On peut comme cela renforcer son véhicule jusqu’au niveau 20, sachant que l’on conserve ce rang (et même son « expérience », c’est-à-dire le nombre de power-ups ramassés) même si l’on perd une vie ou un crédit ! Cela rend clairement le jeu plus accessible à un public non spécialiste du shoot ’em up, puisqu’on ne se retrouve pas « à poil » au moindre échec façon Gradius… Et c’est d’autant plus vrai que l’on n’explose pas au moindre contact ; Steel Empire fait aussi partie des rares jeux du genre à utiliser un système de jauge d’énergie ! Parmi les bonus libérés par des ballons et parfois difficiles à attraper parce qu’ils décrivent des cercles, on trouve donc des cœurs qui font remonter cette jauge, mais aussi des bombes supplémentaires (B) qui éliminent tout à l’écran (tirs ennemis compris) ; et s’il vous en reste en fin de mission, non seulement elles sont conservées pour la suivante mais elles viennent gonfler votre score.

Toujours du côté des bonus, outre des points ($) et des vies supplémentaires (1up) plutôt rares cependant, le plus important réside surtout dans les modules (O) qui augmentent très nettement la largeur de votre tir, tout en absorbant ceux des ennemis. Conservés d’un niveau à l’autre, c’est en revanche la seule chose qui disparaît lorsque l’on perd une vie, et c’est pour le coup assez handicapant de revenir avec un tir moins large, même en conservant sa puissance de feu. Il faut aussi noter que ces satellites ne se cumulent pas et quel que soit le nombre de bonus ramassés, on n’aura jamais plus de deux avions (ou dirigeables, suivant le véhicule choisi) qui nous accompagnent. La deuxième particularité du jeu est en effet la possibilité de choisir entre l’avion Etopirica (Et-02R) et le dirigeable Zappellon (ZP-02N) avant chaque mission. Et même si Steel Empire n’est pas le seul shoot ’em up à proposer plusieurs vaisseaux, ils sont pour le coup très différents ! L’avion est plus petit et rapide, et s’avère adapté aux joueurs débutants bien qu’il soit plus fragile… Car la résistance du dirigeable (certes plus emblématique) compense surtout sa lenteur et sa plus grosse boîte de collision, qui rendent l’esquive des tirs bien plus délicate.

Le scrolling est multidirectionnel et l'action à double sens !

Le scrolling est multidirectionnel et l’action à double sens !

Les deux vaisseaux diffèrent aussi par la trajectoire de leurs tirs secondaires, des bombes air-sol, et une nouvelle fois celles de l’Etopirica sont en général plus pratiques. Cette arme n’utilise pas de bouton dédié et accompagne automatiquement le tir principal, qui marque la troisième spécificité de Steel Empire. On peut en effet tirer vers la gauche ou la droite via deux boutons différents ! Ce n’est pas tout à fait original, puisque c’était déjà le cas dans Side Arms (1986) qui s’inscrivait lui-même dans la lignée de Section Z (1985) du même Capcom, mais le level design est particulièrement bien pensé en ce sens. Non seulement les ennemis viennent parfois de l’arrière bien entendu, mais d’autres se retournent en plein vol ; les boss en particulier sont très mobiles et doivent être souvent endommagés de plusieurs côtés. D’ailleurs, voilà encore un handicap du Zappellon, dont la lenteur rend parfois difficile à anticiper les mouvements rapides de certains boss. À noter que par défaut, les deux boutons de tir ne sont pas juste à côté l’un de l’autre. On ne peut certes pas faire feu dans les deux directions en même temps, mais je vous conseille de configurer les commandes pour passer plus facilement de l’un à l’autre.

Outre un level design très varié, le jeu offre tout simplement d’excellentes sensations ; comme votre vaisseau, même les ennemis les plus basiques semblent avoir une jauge d’énergie et opposent donc un peu de résistance. Loin d’être frustrant, devoir les mitrailler pour les abattre se révèle au contraire jouissif, avec leur carlingue qui rougit sous vos frappes… En revanche, comme l’aventure multiplie d’emblée les ennemis immenses à détruire par morceaux, on pourra être déçu par le niveau final qui mise sur des boss petits et hargneux, et donc plus ardus mais moins spectaculaires. Sur le plan de ce remake, la traduction des menus comme du manuel électronique laisse vraiment à désirer, même si ce n’est pas rédhibitoire dans un shoot ’em up… Mais les descriptions des succès appelés « Réuissites » manquent vraiment de clarté ! Côté interface, reléguer le HUD à l’écran du bas permet certes de libérer celui du haut, mais il est bien difficile de consulter son niveau ou même de voir si sa jauge d’énergie est vide dans le feu de l’action !… Par ailleurs, Steel Empire commet l’erreur classique mais toujours aussi inexcusable de mettre « Nouveau Jeu » au-dessus de « Continuer » dans le menu principal… Attention !

Battre certains boss sans utiliser de bombes demande une grande patience...

Battre certains boss sans utiliser de bombes demande une grande patience…

Avec sept niveaux, l’aventure demeure assez courte d’autant qu’elle est encore une fois très accessible aux profanes, avec plusieurs niveaux de difficulté. Au besoin, on peut même désactiver le fait d’être immortel un court instant après avoir été touché, si j’ai bien compris… On peut choisir aussi 0 ou 3 vies, 0 ou 1 crédit, sachant que l’on débloque plus d’options chaque fois que l’on finit le jeu. Je ne suis vraiment pas un pro du shoot ’em up, et je l’ai terminé en difficulté normale sans utiliser de crédit ! Pour prolonger la durée de vie, on pourra tenter de valider les succès qui demandent de refaire le jeu avec les deux vaisseaux, suivant différentes difficultés (dont extrême à débloquer), sans utiliser de bombes ou sans perdre de crédits. Hélas, beaucoup d’entre eux peuvent se débloquer simultanément, en particulier si vous finissez le jeu la première fois en difficulté normale et sans perdre de crédit – ce qui alloue d’emblée 1 000 000 points. Parmi les à-côtés, on notera un mode Entraînement qui tient plutôt du défouloir puisqu’il permet de refaire la mission de son choix directement au rang 20 ! La galerie d’artworks se débloque (a priori) après avoir terminé le jeu une seconde fois, et on peut enfin enregistrer soixante fichiers de replay

Verdict : Ce remake très réussi d’un non moins excellent shoot ’em up ne pèche que par un manque de contenu certes prévisible, mais souligné par un prix encore un peu élevé…

80hbpm

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