TEST : Ninja Senki DX

Ninja Senki DX (Windows, Mac OS X, PlayStation 4, Vita)NINJA SENKI DX
Windows, Mac OS X, PlayStation 4, Vita
Catégorie : action/plateformes
Joueurs : 1
Développeur : Tribute Games
Éditeur : Tribute Games
Date de sortie : 24/02/2016 (Steam),
29/02/2016 (PlayStation Store)
Prix : 4,99 €
Site Officiel : http://www.ninjasenki.com/
(testé dans sa version PC)

Comme le « DX » du titre l’indique, il s’agit d’une réédition pour ses cinq ans d’un freeware mis en ligne en 2010, et évoqué sur le Mag en février 2011 alors que le néorétro était encore une mode naissante… Toujours téléchargeable sur le site officiel, il s’agissait du premier jeu indé de Jonathan Lavigne, un ancien employé d’Ubisoft qui s’était fait déjà remarquer avec Scott Pilgrim vs. The World. Mais pour être honnête, je fais partie des déçus de ce dernier, certes superbement animé par Paul Robertson (Mercenary KingsShantae and the Pirate’s Curse) mais pas terrible pour un puriste du beat ’em up. Or Ninja Senki ne se jouait qu’au clavier (anglais) à l’origine et j’avais trouvé son premier boss bien insipide – et il l’est toujours, hélas… Et même si je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer à Curses ‘N Chaos, je n’ai pas été totalement convaincu par les autres productions de Tributes Games d’ailleurs testées ici, c’est-à-dire Wizorb et Mercenary Kings. Je me suis donc attelé à ce test avec un a priori négatif, du moins une certaine prudence…

Mais j’avais aussi envie de lui donner une seconde chance, rien que pour ses adorables graphismes évoquant quelques classiques oubliés de la « Playhistoire » comme Kung Fu Kid (Makai Retsuden) sur Master System. La résolution est certes plus basse et les animations beaucoup plus minimalistes que dans les autres créations de Tribute Games, mais le résultat possède un charme indéniable. Cela dit, on aurait aimé une interface un peu moins rudimentaire pour cette réédition, avec un menu principal qui n’affiche que deux entrées à l’écran à la fois, et des options parfois limitées. Par exemple, la réaffectation des touches s’applique aussi aux menus, or ce qui est confortable en jeu avec une manette (attaquer avec le bouton de gauche) ne l’est pas forcément ailleurs. En revanche, cette réédition brille par ses musiques remixées par Patrice Bourgeault, qui parviennent à conserver le parfum chiptune des compositions originales (disponibles en option au besoin), tout en les dynamisant à coups de percussions jouissives. On n’en attendait cependant pas moins plus de cinq ans après l’original, gratuit de surcroit !

Gare aux plateformes qui s'écroulent...

Gare aux plateformes qui s’écroulent… qui peuvent aussi vous tomber sur la tête !

Le gameplay est lui inchangé et demeure extrêmement minimaliste lui aussi, avec un bouton de saut et un bouton d’attaque. Ce dernier ne lance que des gros shuriken en ligne droite, et la seule fioriture réside donc dans la présence d’un double saut, et non d’un saut mural comme on peut le penser à tort après sa première utilisation… Celui-ci est toutefois largement mis à profit, et cela a le mérite de faire de Ninja Senki un de ces titres faciles à prendre en main, mais difficiles à maîtriser. De plus, c’est surtout le level design qui apportera de la variété avec l’introduction régulière de nouvelles mécaniques, comme les rebonds sur l’eau dans les scènes 3 et 4 et les plateformes qui s’écroulent dans les niveaux 5 et 6. Bien que parfaitement linéaire, le level design est toutefois conçu pour proposer souvent deux « chemins » alternatifs, l’un présentant moins de risques de faire une mauvaise chute, tandis que l’autre permet de récupérer tous les koban, pièces d’une monnaie traditionnelle japonaise qui fait ici office d’objets à collectionner comme dans tout bon jeu de plateformes. Mais que les amateurs de challenge sadique se rassurent…

Car le level design sait être vachard par moments, nous obligeant même parfois à tomber dans le vide pour poursuivre l’aventure, bien qu’un koban suivi d’un mur nous y incitera, du moins dans les premiers niveaux… Certains ennemis présentent aussi des trajectoires (les fantômes et autres démons volants) et/ou des attaques (les cyclopes, les singes) bien sournoises ! Mais comme à l’époque, il est aussi possible de profiter de certains « bugs » en tirant sur les ennemis alors qu’ils sont en dehors de l’écran et qu’ils ne peuvent donc pas encore riposter… De manière générale, on conseillera de mitrailler les shuriken aux munitions infinies ; cela peut parfois sauver d’une collision malencontreuse en plein saut. Il faudra en revanche faire attention à la taille massive de ces étoiles de ninja qui peuvent être arrêtées par le décor si on ne saute pas assez haut par exemple. On apprécie en tout cas que les ennemis ne respawnent pas comme dans la majorité des jeux dont Ninja Senki s’inspire, ce qui permet de revenir sur ses pas pour mieux esquiver leurs attaques… ou les éliminer alors qu’ils sont en dehors de l’écran, sans défense !

Le quatrième boss est délicat

Le quatrième boss est délicat parce qu’il faut recommencer à la moindre chute ! J’ai trouvé une technique imparable, mais très lente…

En revanche, autant le level design est plutôt bien pensé, autant les boss laissent à désirer… Ponctuant la fin de chaque scène paire, ils se révèlent très inégaux en matière de difficulté. En particulier, les boss « impairs » (scènes 2, 6, 10, etc.) sont faciles à vaincre mais longs pour compenser, et se transforment en tests de patience bien fastidieux. À l’inverse, le deuxième est hystérique mais peu résistant ; je l’ai d’ailleurs battu du premier coup mais par chance, alors qu’il ne me restait qu’un point de vie. Il y en a heureusement cinq, ce qui peut sembler généreux mais une chute, y compris sur des pics (sauf si l’on clignote à ce moment-là), causera une mort brutale façon Mega Man… Or le moindre coup fait reculer en arrière façon Ninja Gaiden ! Et il n’y a que trois vies, sachant qu’en perdre une fait revenir au début de la « zone » courante, et donc parfois loin en arrière… On peut toutefois continuer à l’infini, mais il faut alors recommencer la scène depuis le début. Enfin, la partie est sauvegardée à chaque scène, mais le nombre de vies est mémorisé ; il vaut parfois donc mieux se suicider pour retenter la scène avec ses trois vies !

À noter que tous les mille points, la jauge d’énergie se remplit, ce qui peut s’avérer bien plus salutaire qu’une vie supplémentaire ! Mais on en gagne toutefois bien une si sa santé est déjà pleine. Malgré tout, les ennemis comme les koban étant assez peu généreux, il ne faudra pas compter dessus au début… L’aventure peut clairement paraître difficile au premier abord, mais finalement pas plus que les jeux de l’époque qui ne permettaient pas de sauvegarder. On déconseillera certes Ninja Senki à ceux qui n’ont pas la patience de recommencer plusieurs fois un niveau entier après une bête faute d’inattention, mais les autres apprécieront la vraie marge de progression qu’offre le jeu. La fenêtre d’affichage étant assez réduite, il est parfois impossible de totalement anticiper les dangers, et on a vraiment affaire à un die & retry à l’ancienne. Cela dit, même si c’est sans doute subjectif, la difficulté ne grimpe pas forcément en flèche et la scène 7, par exemple, m’a paru bien plus facile que les précédentes. Et je dois avouer que j’ai apprécié de pouvoir souffler un peu avant la scène 8 qui m’a longtemps résisté (cf. l’image ci-dessus)…

Certains ennemis comme les singes ne paient pas de mine...

Certains ennemis comme les singes ne paient pas de mine… mais se révèlent étonnamment vicieux !

Mais en marge des seize scènes de l’aventure principale, le jeu offre peu. Le mode hardcore demande juste d’enchaîner les niveaux sans sauvegarde et avec une pénalité à chaque crédit, tandis que le mode défis permet de relancer les scènes déjà terminées pour obtenir quatre succès que l’on n’aurait pas déjà débloqués : sans perdre d’énergie, tous les koban ramassés, tous les ennemis tués et dans le temps imparti. En passant, le compteur de temps à gauche de l’interface ne sert que pour les speedrunners ; on ne perd (heureusement) pas de vie s’il atteint zéro… Le mode défis n’est toutefois pas si bien pensé car il ne permet pas de relancer le niveau en cours de partie ! Enfin, il y a au moins un autre mode à débloquer, sans doute le Boss Rush Mode en terminant l’aventure, mais je dois avouer que la dernière scène me résiste encore… Les amateurs de challenge seront d’ailleurs aussi ravis par les succès, très difficiles à débloquer. Le contenu reste donc léger mais le prix l’est aussi et, finalement, Ninja Senki DX a beau être plus simple que les autres productions de Tribute Games, il est peut-être mieux maîtrisé !

Verdict : Archétype du titre « facile à prendre en main, mais difficile à maîtriser », Ninja Senki DX ravira les amateurs d’action/plateformes à l’ancienne au challenge relevé.

90hbpm

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  • On devine les nombreux titres 8 bits qui ont inspiré le level design 🙂
    A 0mn 32secondes, c’est tout droit tiré de Donald Duck Lucky Dime Caper ou de MM Castle of Illusion.