Gérard Théry, l’un des pères du Minitel nous a quittés

Gérard Théry et le Minitel
Crédits : Georges Pavunic/AFP & Musée des confluences

Décédé le 18 juillet, Gérard Théry aura fortement contribué au développement du raccordement téléphonique dans les années 1970, et est à l’origine du réseau du Minitel. Né en 1933, ce polytechnicien fait son entrée en 1955 au ministère des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) et débute sa carrière en contribuant à l’avènement des premiers câbles sous-marins coaxiaux téléphoniques munis de répéteurs immergés, puis il rejoint le Centre national d’études des télécommunications (CNET) en 1962. En 1966, il est nommé conseiller technique de Jacques Marette, ministre des PTT, puis directeur général des Télécommunications françaises en 1974. Il devient ainsi en charge du programme de développement du téléphone français (Delta LP) qui voit le nombre d’abonnés passer de six à plus de dix-sept millions en six ans. La France est alors l’un des premiers pays à équiper massivement son réseau de commutateurs temporels.

En 1976, Gérard Théry et son équipe lancent Transpac, l’un des premiers réseaux de données en commutation de paquets puis, en 1978, les projets de l’annuaire électronique et de Télétel, le réseau du Minitel, premier service au monde de fourniture payante d’informations télématiques. Évincé par le nouveau gouvernement en 1981, il sera toutefois rappelé en 1984 pour une étude sur les satellites de télévision, et son choix s’avèrera judicieux. En revanche, après avoir dirigé en 1992 une mission de France Télécom sur les technologies à base de fibre optique, son fameux rapport de 1994 « Autoroutes de l’Information » sera raillé pour avoir prédit qu’Internet « est mal adapté à la fourniture de services commerciaux. » Peut-être a-t-il estimé que le Minitel aurait dû jouer un plus grand rôle dans ce domaine, lui qui admettait en 2011, soit un an avant la fermeture du service qui comptait encore dix millions de connexions, qu’il « n’a pas évolué comme nous aurions espéré. » En 1995, il est nommé président de la Cité des sciences et de l’industrie puis, à la fin des années 1990, il participe au développement de la voiture électrique au sein du groupe Dassault, et est chargé par le gouvernement de conduire la mission gouvernementale sur le bogue de l’an 2000. Il aura été décoré à cinq reprises de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du mérite.

Merci au Figaro.

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