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TEST : Hydorah (PC)

HYDORAH – PC
Catégorie : shoot ’em up
Joueurs : 1
Développeur : Locomalito
Musique : Gryzor87
Artwork jaquette : Marek Barej
Date de sortie : 03/06/2010
Prix : gratuit
Site Officiel : http://www.locomalito.com/hydorah.php

Plus de deux ans après 8bit Killer, Locomalito franchit une nouvelle étape avec Hydorah. Sous ses airs de clone de Gradius, il aura nécessité de nombreux mois de travail et offre une richesse inattendue (16 niveaux, 30 boss, plus de 70 ennemis !), d’autant qu’il ne devait contenir à l’origine que 5 ou 6 niveaux, comme on l’apprend dans le making of téléchargeable sur le site du jeu. Petit à petit, avec pas mal d’improvisation et beaucoup de passion, le développeur espagnol a conçu une véritable déclaration d’amour au genre, à la réalisation superbe, à la fois simple d’utilisation mais à la difficulté plutôt corsée… Sur ce point aussi, Hydorah passe à la vitesse supérieure !

Les graphismes sont à la fois sobres et d’une grande beauté

Dès le lancement du jeu, la couleur est annoncée ; un panneau d’avertissement, illustré judicieusement du logo de Locomalito (une tête de mort !), indique que Hydorah est basé sur les standards des années 80, et que le joueur devra donc s’attendre à mourir souvent… S’ensuit un écran qui imite l’initialisation de la RAM telle qu’elle est souvent visualisée en arcade, puis une introduction dont l’étonnante brièveté contraste avec la force qu’elle dégage. Il faut dire qu’on est saisi par la qualité des musiques ; exit la chiptune NES de 8bitKiller, jubilatoire mais classique, place à une musique évoquant les meilleurs shoots du CD-ROM² de la PC-Engine. Les compositions de Gryzor87 sont nombreuses et d’une ambition inhabituelle pour un jeu rétro.

Le musicien emploie parfois des chants et est allé jusqu’à exploiter les sonorités d’un clavier ancien (le muselaar) qu’il a fabriqué lui-même ! Les graphismes ne sont pas en reste, même s’ils préfèrent joindre l’utile à l’agréable. Ainsi, Locomalito a volontairement utilisé des fonds sombres qui privilégient la lisibilité de l’action. Ce qui tombe à pic, vu la profusion des petites boulettes venant de toutes parts. Les niveaux sont courts et comportent tout de même quelques checkpoints, mais dès la seconde moitié du deuxième niveau, les ennemis se multiplient et il est d’autant plus difficile d’esquiver leurs tirs qu’il est presque impossible de tous les éliminer.

Avant chaque niveau, vous choisissez vos armes, à condition de les avoir débloquées…

Le système de jeu est simple mais pas si commun. Chaque pression du bouton de tir active à la fois un tir principal et un tir secondaire, que l’on sélectionne avant chaque niveau en fonction de ce qui a été débloqué en finissant chaque niveau. Chacune de ces armes gagnent en puissance en ramassant des items, mais le moindre contact avec un tir ennemi ou le décor, qui au passage retrouve la brutalité d’un R-Type, vous fait perdre une partie des améliorations. La pression du second bouton déclenche une attaque spéciale surpuissante, que vous choisissez également avant chaque mission, mais ne vous attendez pas à disposer d’un stock très conséquent…

Une autre surprise vient de la structure même du jeu. Il n’est ainsi pas nécessaire de terminer les 16 niveaux pour en voir la fin, car plusieurs embranchements vous seront proposés. Évidemment, la difficulté ne sera pas la même selon vos choix, mais les plus courageux seront récompensés par des armes rares et puissantes. Le développeur vous fait en outre un cadeau empoisonné, puisqu’il est possible de sauvegarder sa partie, mais seulement trois fois en tout et pour tout au cours de l’aventure… Heureusement, le jeu a une grande marge de progression, et le level design multiplie les chemins possibles, et même quelques passages secrets.

Le boss du deuxième niveau s’apprête à lancer une salve dévastatrice

Vous l’aurez compris, on est loin du petit jeu rétro improvisé dans le cadre d’une jam de développeurs indépendants. Hydorah n’a pas grand chose à envier à des titres plus « professionnels » comme l’excellent Jamestown. En terme de contenu, il le surpasse même clairement. Si l’on peut comprendre, et même apprécier le choix d’un niveau de difficulté unique et élevé, il est tout de même dommage de ne pas avoir assoupli le système de sauvegarde pour encourager davantage les joueurs moins aguerris. Par ailleurs, il est indispensable de disposer d’une vraie manette de jeu, et si possible seulement munie d’une croix directionnelle. En effet, avec un joypad moderne comme celui de la 360, le jeu ne prend en compte que le stick analogique, qui manque cruellement de précision et favorise les crashes involontaires.

Verdict : Hydorah est tout simplement l’un des meilleurs shoot ’em up rétro de ces dernières années, mais sa difficulté le réserve hélas aux amateurs du genre ou aux plus persévérants.

80hbpm

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