TEST : The Legend of Zelda: Ocarina of Time 3D (3DS)

THE LEGEND OF ZELDA: OCARINA OF TIME 3D – 3DS
Catégorie : aventure
Joueurs : 1
Développeur : Grezzo
Éditeur : Nintendo
Date de sortie : 17/06/2011
Prix : 35 € à 50 € (selon les enseignes)
Site Officiel : http://www.nintendo.fr/…ocarina_of_time_3d.html

La Nintendo 3DS est sans doute sortie quelques mois trop tôt ; l’eShop n’était pas prête et les gros jeux, du moins côté Nintendo, n’étaient pas au rendez-vous. Cet Ocarina of Time présente donc un double enjeu pour le constructeur ; c’est à la fois le remake tant réclamé d’un des jeux les plus adulés par la presse, mais aussi la killer-app de la machine, le jeu qui doit faire vendre de la portable. Sur ce second point, le pari semble réussi si l’on en croit les premiers chiffres, et c’est donc sur le premier que l’on va s’interroger ici. J’estime que le jeu vidéo est un art, et à ce titre, la notion de progrès n’y a pas de sens. Un remake a-t-il dès lors une raison d’exister, quand bien même il s’agirait, ou plutôt précisément quand l’original est déjà un chef d’œuvre ?

La 3D apporte beaucoup à la profondeur de champ des paysages

Les fans ne sont jamais contents. Wind Waker était trop court et/ou trop cartoon, Twilight Princess long mais pas assez rythmé, etc. et on entendait souvent dire : « Mais pourquoi Nintendo ne sort pas tout simplement un remake d’Ocarina of Time ? » Et maintenant qu’il est sorti, ils trouvent encore à se plaindre. Le parti pris de Grezzo, le développeur (société dont le patron fut le réalisateur de Secret of Mana, en passant), est clair : rester fidèle à l’original. Comme je l’expliquais dans mon édito sus-cité, refaire les graphismes et les sons d’un jeu ne constitue pas une amélioration mais un changement. Ce qu’on peut gagner en modernité, on peut le perdre en charme. Et pour un jeu de ce calibre, il était très dangereux de se lancer dans des modifications qui auraient fait hurler des légions de fans intégristes.

Par exemple, les développeurs souhaitaient corriger les quelques bugs du jeu, mais ils se sont rendus compte que certains joueurs y étaient attachés. On retrouvera donc, hélas peut-être, certains errements de polygones et de caméras, parfois même amplifiés par le relief. Sur le plan graphique, le travail réalisé par Grezzo me paraît exemplaire. Tout en conservant l’ambiance et la direction artistique du titre original, quitte à conserver certains paysages anguleux et certaines textures floues, le résultat est tout à fait réjouissant, sans forcément pousser la console dans ses derniers retranchements. Lorsque certains prétendent ne pas voir la différence avec l’original, il y a probablement pas mal de mauvaise foi, mais il faut reconnaître que les graphistes ont su créer un titre qui ressemble au souvenir embelli qu’on a de l’original. Et il suffit au besoin de rebrancher sa Nintendo 64 pour voir la différence.

La visée peut se faire au gyroscope ou au stick, et l’écran tactile fournit carte et raccourcis

D’ailleurs, c’est probablement sur le point délicat du son qu’il y a eu le moins de modifications. Car c’est paradoxalement sur les musiques et les bruitages, auxquels on ne fait pas toujours attention, du moins consciemment, que le moindre changement peut provoquer des gênes. Le mixage est toutefois excellent et très agréable au casque. Enfin, le gameplay connaît quelques arrangements, mineurs et optionnels, mais qui apportent un certain confort de jeu : la carte sur l’écran du bas, la possibilité d’équiper ou d’utiliser certains objets en tapotant l’écran (les bottes !!), le contrôle optionnel de la visée au gyroscope. Peu pratique dans les transports, ce dernier rend néanmoins beaucoup plus simples les mini-jeux de tirs. Enfin, pour les joueurs débutants, il sera possible d’obtenir des vidéos d’indices dans le Temple du Temps  ou près de la maison de Link. C’est évidemment facultatif, mais vu le nombre de joueurs qui n’ont jamais fini un Zelda parce qu’ils finissent toujours par être coincé quelque part, ce n’est pas si mal. Et souvenez-vous qu’on pouvait déjà obtenir des conseils par téléphone dans Link’s Awakening !

Mais le plus grand apport de cette version est sans doute la 3D. N’écoutez pas ceux qui prétendent que ça fait mal aux yeux, et essayez par vous-mêmes, peut-être avec le curseur à la moitié d’abord, le temps de vous habituer. Non seulement les cinématiques prennent une dimension nouvelle (le vol de la fée au dessus du village Kokiri), mais cela permet de profiter davantage des modélisations de certains décors (les intérieurs) qui étaient réalisés en 3D précalculée sur Nintendo 64. Évidemment, comme le jeu comporte tout de même quelques bugs d’affichage, le relief peut sporadiquement créer des dédoublements ou des effets étranges, mais c’est vraiment trop rare pour s’en priver radicalement. Et la 3D facilite même certains passages de plate-formes (ou de vols en cocotte), même si ce n’est pas le cœur du gameplay.

Notez le détail de la modélisation de Link, et les intérieurs cette fois en 3D temps réel !

L’aventure n’est tout de même pas parfaite, comme elle ne l’était pas non plus à l’époque de toute façon. Ainsi, par exemple, le ciblage n’était pas forcément aussi bien fichu dans cet épisode que dans les volets ultérieurs, sur GameCube notamment. D’autre part, certains choix pourront agacer les joueurs d’aujourd’hui, comme le fait de démarrer chaque partie du village Kokiri ou du Temple du Temps, ce qui est particulièrement pénible lorsque Link n’a pas Epona pour traverser la plaine d’Hyrule. Et c’est surtout peu adapté à une utilisation nomade du jeu. Notons enfin, mais c’est cette fois propre à ce remake, que le jeu ne comporte pas tellement de contenu supplémentaire. La Master Quest du portage Gamecube n’est seulement disponible qu’une fois le jeu terminé, et le mode Défi Boss, qui permet d’affronter de nouveau les gardiens du jeu, voire tous à la suite, ne vous occupera pas des heures entières. Précisons enfin que le titre comporte quelques modifications subtiles, comme des dialogues parfois plus explicites.

Verdict : Si vous n’avez jamais joué, ou du moins jamais fini l’original, c’est le moment ou jamais. Mais pour ceux qui connaissent déjà l’aventure sur le bout des doigts, tout dépendra de votre envie de replonger (en 3D) dans l’un des plus grands jeux d’aventure de l’histoire.

100hbpm

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  • penez

    j-a-d-o-r-e!!!:D

  • Bonjour,
    Je regrette pas du tout de m’avoir acheté ce remake. A jouer absolument et à collectionner. 😉