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Jack Tramiel, le fondateur de Commodore, nous a quittés

Comme le fait remarquer très justement Allgamers, c’est un week-end de Pâques bien triste qui vient de s’achever. Outre la disparition tragique de Christophe Gayraud, créateur de Nightmare Busters et donc bien connu du monde du retrogaming, c’est carrément Jack Tramiel, le fondateur de Commodore et sauveur d’Atari en 1984, qui est décédé ce dimanche, à 83 ans. Ironiquement, j’en avais fait un participant involontaire à notre récent poisson d’avril. Il faut dire que cet homme a eu un destin peu commun dans l’histoire du jeu vidéo. Né à Łódź en Pologne en 1928, il réchappe aux camps de concentration après six ans de travaux forcés, et part aux États-Unis travailler pour l’armée, à la manière de Ralph Baer. Spécialisé dans les machines à écrire, il fonde Commodore Portable Typewriter Company en 1954, puis passe au marché plus porteur des calculatrices quelques années plus tard, rebaptisant sa société Commodore Business Machines (CBM), et enfin à la micro-informatique à la fin des années 70. Son ingénieur Chuck Peddle crée le PET (Personal Electronic Transactor) en 1977, très populaire dans les écoles à la manière de nos Thomson, mais pas forcément auprès du public, ce qui incite Tramiel à lancer le VIC-20 en 1981, qui rencontre un énorme succès. À un prix abordable, les foyers peuvent enfin s’offrir un ordinateur, qui permet aussi bien de gérer le budget familial que de jouer. Mais c’est surtout le Commodore 64, l’année suivante, qui reste gravé dans les mémoires et demeure à ce jour le micro-ordinateur le plus vendu de l’Histoire, avec plus de 20 millions d’exemplaires. Mais la concurrence déclenche une guerre des prix, et les profits ne sont pas à la hauteur des volumes de vente impressionnants ; le conseil d’administration de Commodore préfère se séparer de son fondateur. Tramiel décide alors de racheter Atari, qui vient d’être mis en vente par Warner suite au krach de 1983. L’entrepreneur redresse la firme, et même s’il ne parvient pas à empêcher Commodore de racheter Amiga, il présente fin 1985 un concurrent de taille, l’Atari ST. À la fin des années 80, il se met en retrait pour laisser son fils Sam tenter de nouveau l’aventure des consoles de jeux, avec hélas peu de succès. Quand Sam a une attaque cardiaque en 1995, Jack Tramiel reprend les rênes de la société, mais il est trop tard, et il la revend à JTS avant de prendre une retraite méritée en Californie.

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