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TEST : Noitu Love 2: Devolution (PC)

NOITU LOVE 2: DEVOLUTION – PC
Catégorie : plateformes/action
Joueurs : 1
Développeur : Joakim Sandberg (Konjak)
Date de sortie : 2008, 23/04/2012 (Steam)
Prix : $5 (site officiel), 4,99 € (Steam)
Sites Officiels : Konjak.org, Steam

Comme son nom le laisse supposer, nous avons affaire à la suite d’un freeware de 2006, intitulé Noitu Love & The Army of the Grinning Darns. Si vous le récupérez à cette adresse, vous constaterez qu’il arborait un look nettement plus orienté 8-bit (quoique très coloré). Le gameplay était aussi assez lent et nettement moins intense que dans sa suite qui se déroule cent ans plus tard. Comme le dit lui même son créateur Joakim Sandberg, il s’agit plutôt d’un autre jeu situé dans le même univers. On se retrouve cette fois face à un titre qui semble tout droit sorti de la Mega Drive, bien qu’il ait été entièrement conçu avec le logiciel français Multimedia Fusion.

C’est donc comme souvent la réalisation superbe qui saute aux yeux. L’illusion est parfaite ; on pourrait tout à fait croire que l’on joue à un inédit de Treasure, avec ses gros sprites et ses couleurs pastel. L’univers est toutefois nettement plus orienté manga que ne l’étaient les jeux du début des années 90 (du moins ceux qui nous parvenaient en Europe), et cette direction artistique pourra peut-être rebuter les allergiques aux japoniaiseries, d’autant qu’elle est l’œuvre d’un otaku occidental. Le scénario, raconté à l’aide de chouettes cinématiques réalisées avec le moteur du jeu, n’a de toute façon pas grande importance dans un pur concentré d’action comme celui-là.

Un boss affronté dans les rapides !

En effet, on ne dénombre pas beaucoup de temps mort dans ce disciple de Gunstar Heroes, qui partage avec son modèle sa variété de gameplay et son goût pour le loufoque. L’action est d’autant plus frénétique que les ennemis respawnent à l’infini, si bien qu’un joueur trop prudent pourra perdre beaucoup de temps à enchaîner les combos. Il faut dire que le titre de Konjak est nettement plus orienté sur le corps-à-corps, quitte à permettre à la protagoniste Xoda de combattre suspendue dans les airs. Ce gameplay très aérien lui donne un côté Ninja Spirit particulièrement jubilatoire, à la croisée du shoot ’em up, du beat ’em up et de la plateforme.

Les combos s’enchaînent tant que l’on ne se fait pas toucher ou que l’on ne retombe pas au sol ; mon record est de 48 et il n’est pas difficile à battre ! Mais il faut tout de suite préciser que le jeu utilise des contrôles inhabituels combinant souris et clavier. Ainsi le curseur permet de directement cibler les ennemis pour foncer dans leur direction quelle que soit leur position. L’inconvénient, c’est que les sauts s’effectuent avec la flèche haut du clavier. Ils s’avèrent donc assez imprécis lorsque l’on n’a pas un ennemi à portée pour s’accrocher. Les sauts muraux, heureusement peu exploités, sont aussi particulièrement difficiles à sortir, et certains obstacles (les guillotines du niveau 2, les balanciers du 3) se révèlent plus ardus qu’ils ne devraient l’être.

Ces balanciers sont plus difficiles à éviter qu’il n’y paraît

Il faudra également faire attention de ne pas laisser sortir le curseur de la souris de la zone de jeu… Mais si certains aspects du gameplay déçoivent quelque peu (le tir chargé, rarement utilisable dans la pratique), le jeu fait preuve d’une grande variété, multipliant les boss originaux. Certes, on pourra parfois se contenter de bourriner, mais la plupart d’entre eux nécessitent une stratégie spécifique. On retiendra également le niveau 4 ; non content de proposer une phase de shoot ’em up, son gameplay assez obscur au premier abord est l’occasion d’énigmes très intéressantes. Les changements de gravité du niveau 6 sont eux plus classiques, mais bien exploités. On aurait même aimé en voir plus, mais le jeu ne compte que sept niveaux.

L’aventure est en plus assez abordable, du moins en difficulté « normale ». Ce ne sont pas tant les bonus d’énergie, qui apparaissent de manière (un peu trop) aléatoire, que les checkpoints et la possibilité de sauvegarder qui facilitent la tâche. On notera en passant que chaque chargement de partie efface la sauvegarde courante, donc sauvez systématiquement votre progression ! On peut en outre débloquer un troisième mode de difficulté, mais surtout deux personnages supplémentaires au gameplay bien particulier, au point de totalement modifier le genre du jeu. Ainsi, malgré le faible nombre de stages, Noitu Love 2 offre un rapport qualité/prix plutôt convenable, sans avoir uniquement recours à la chasse au score, également possible.

L’excellent boss du niveau 4

Enfin, on émettra un petit regret ; vu les difficultés que rencontre la société avec d’autres projets, il est peu probable que l’on voit un jour le portage WiiWare pris en charge par Golgoth Studio. Il est clair que les contrôles semblaient bien adaptés au combo Wiimote/Nunchuk. La visée aurait peut-être nécessité un léger auto-aim pour compenser le manque de stabilité, mais le Nunchuk aurait été bien plus confortable que le clavier, offrant même des boutons supplémentaires pour, au hasard, sauter. Mais il s’est déjà écoulé quatre ans entre la sortie du jeu sous Windows et son arrivée sur Steam, alors il serait bien dommage de patienter davantage pour le découvrir…

Verdict : Malgré un mode de contrôle original mais pas toujours confortable, les amateurs de jeu d’action à la Treasure auraient tort de passer à côté de ce petit bijou d’intensité et d’inventivité.

80hbpm

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  • Idem, je l’ai essayé et la maniabilité originale demande un temps d’adaptation mais fait mouche !
    Quel dommage que l’auteur lui même ait confirmé que le portage Wiiware ne se faisait pas

    J’insisterai aussi, vu que Guillaume n’en a pas parlé :p, sur les musiques.
    Leur son chiptune est très agréable pour les aficionados, et elles sont très dynamiques.
    Elles accompagnent donc parfaitement l’action.

    Je recommande particulièrement l’écoute de « A Reminder » et « Joyous Occasion ».
    Et ce, d’autant plus facilement que Joakim Sandberg les a mises en libre téléchargement !

    http://www.konjak.org/index.php?folder=8&file=21