TEST : Maldita Castilla (PC)

Maldita Castilla (PC)MALDITA CASTILLA – PC
Catégorie : plateformes/action
Joueurs : 1
Développeur : Locomalito
Musique : Gryzor87
Artwork jaquette : Marek Barej
Date de sortie : 12/12/2012
Prix : gratuit
Site Officiel : http://www.locomalito.com

Son auteur l’explique très bien lui-même : « Les jeux à la Ghosts ‘N Goblins m’ont manqué pendant des années, alors j’ai décidé d’en faire un moi-même. » Et on n’est jamais mieux servi que par Locomalito ! Reprenant les canons des classiques de l’arcade du milieu des années 80 (Tiger Road, Black Tiger, Shinobi, Rygar, Karnov, Trojan), il est en plus parvenu à insuffler son propre univers, inspiré par Amadis de Gaule, un roman de chevalerie espagnol du 16ème siècle. Ces visions de l’enfer médiéval et catholique, comme pouvait les peindre Jérôme Bosch, enrichissent le jeu d’un aspect narratif mais très bien intégré au gameplay orienté arcade.

Il faut dire que tout est fait pour donner l’impression de se retrouver face à une authentique borne qu’on daterait aisément de 1986 ou 1987. Le gameplay reprend globalement celui de Ghosts ‘N Goblins, y compris ses rigidités comme l’absence de tirs en diagonale et les sauts incontrôlables en l’air. Côté réalisation, c’est la même ambiance avec les mélopées de Gryzor87 qui émulent rigoureusement la puce Yamaha YM2203, et un pixelart somptueux mais volontairement limité à ce que l’on trouvait dans les premiers jeux 16-bit, avec peu de scrollings différentiels, pas d’effets spéciaux trop élaborés et l’accent mis sur la lisibilité. Un vrai travail d’orfèvre !

La mise en scène est parfois très élaborée, comme ici avec des PNJ

La mise en scène est parfois très élaborée, comme ici avec des PNJ

Ces choix techniques rappelleront forcément le magnifique Hydorah, mais les similarités avec le shoot ’em up ne se retrouvent pas sur la difficulté. Maldita Castilla n’est pas un jeu facile, mais ses premiers niveaux sont très abordables, grâce à une très bonne marge de progression. Les crédits sont illimités et en perdre un ne fait que réinitialiser le score ; on reprendra tout de même l’aventure au dernier checkpoint, soit jamais trop loin. Avec un peu d’entraînement, les patterns d’attaque des boss n’auront par exemple aucun secret pour vous. Quand on perd, c’est de sa propre faute, hormis quelques passages où les ennemis réapparaissent aléatoirement.

Et le titre ne reprend pas les éléments les plus sadiques de Ghosts ‘N Goblins : en ramassant les bonus d’arme au bon moment, on pourra toujours choisir l’une des quatre armes en fonction de ses préférences. Bien entendu, perdre une vie vous prive de cette arme et des éventuels bonus que vous auriez obtenus, mais on est loin d’un Gradius où le cercle vertueux est poussé au point qu’il vaut mieux éteindre la console au premier échec. Ici, les bonus secondaires ne se cumulent pas et l’équipement de base est parfaitement suffisant pour progresser.

Cette séquence de plateforme est le premier passage délicat du jeu

Cette séquence de plateforme est le premier passage délicat du jeu

Et si le développeur promet modestement « 50 minutes de gameplay, » il est évident qu’il vous faudra un peu plus que ça pour voir le bout des six longs niveaux, chacun contenant au moins deux boss. Le jeu regorge en plus de nombreux secrets (pensez à tirer en l’air comme dans un Metal Slug !), avec quatre fins différentes selon les items que vous aurez ramassé. Mais jeu d’arcade oblige, la rejouabilité tient surtout aux quêtes du score, du temps ou du one-credit. Le seul reproche ou plutôt avertissement que nous pourrions formuler, c’est d’éviter comme d’habitude les pads munis d’un stick analogique, car ce dernier sera hélas reconnu en priorité.

Verdict : Parvenant enfin à combiner les qualités de tous ses jeux précédents sans en conserver les quelques frustrations, Locomalito livre son chef d’œuvre. Et c’est toujours gratuit !

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  • Le deuxième screenshot illustre un passage très inspiré de Ghosts‘N Goblins… Et c’est un doux euphémisme 🙂