Lancé en novembre 2001 au Japon, le service Project EGG (pour Engrossing Game Gallery) est en quelque sorte l’équivalent japonais de GOG.com, spécialisé dans la réédition de classiques japonais, plus particulièrement de la micro-informatique même s’il a ajouté à son catalogue des titres Famicom, Mega Drive et issus de l’arcade depuis 2010. Il est toutefois basé sur un système d’abonnement tandis que les jeux sont vendus à l’unité (pour moins de six euros chacun) dans la gamme EGG Console dédiée à la Switch, démarrée sauf erreur de notre part en octobre 2023 avec Relics (1986, PC-8801). C’est donc l’occasion pour nous de découvrir des titres souvent méconnus en dehors du Japon, même s’ils ne sont hélas jamais traduits. Heureusement, chacun est accompagné d’une notice qui donne souvent des astuces ou explicite des aspects obscurs, assez habituels à l’époque, a minima pour bien démarrer. De plus, contrairement aux rééditions Arcade Archives typiquement, on dispose de quatre emplacements sauvegardes et même d’un rembobinage, même si ce dernier, employant le bouton « – » qu’il faut maintenir (mais pas trop), n’est pas toujours très pratique… Les jeux de la gamme ne faisant jamais l’objet de soldes, j’ai fini par en acheter cinq pour tester ; j’ai fait l’impasse sur les RPGs, bien que beaucoup soient orientés action et sont sans doute assez jouables (mais peut être pas pleinement appréciables) sans connaître le japonais.
THEXDER
(PC-8801, 1985)
Catégorie : run and gun
Développeur : Game Arts
Date de sortie réédition : 26/10/2023
Véritable légende de l’industrie japonaise, Thexder (1985), d’ailleurs vendu un peu plus cher que les autres, a été un énorme succès de la micro-informatique à sa sortie. Inspiré par Major Havoc (1983), il a lui-même largement influencé le jeu vidéo japonais, car on y contrôle un robot capable de se transformer en avion comme dans Macross. Malheureusement, c’est ma plus grosse déception du lot, déjà du fait d’une maniabilité agaçante – il faut appuyer vers le bas (tout en avançant) pour changer de forme, ce qui fonctionne vraiment très mal. Mais surtout, les ennemis sont d’une agressivité hallucinante, drainant la vie du joueur façon Turrican (1990) en pire… Au point que Game Arts a ajouté un bouton pour générer un bouclier qui rend invulnérable, qui se dissipe quand une jauge est vide mais que l’on peut recréer aussitôt (même si un bonus récompense ceux qui ne l’utilisent pas) ! Mais en dépit de cela je ne suis parvenu à passer que le premier niveau car, rapidement, le level design multiplie les petits conduits qui doivent se négocier en avion, et c’est malheureusement assez infernal.
SILPHEED
(PC-8801, 1986)
Catégorie : shoot ’em up
Développeur : Game Arts
Date de sortie réédition : 11/01/2024
Mais à vrai dire, ce n’est pas Thexder (1985) qu j’ai ajouté en premier à ma liste d’envies mais Silpheed (1986), car ce shoot ’em up en pseudo-3D polygonale m’a immédiatement tapé dans l’œil. Et franchement, même si beaucoup de niveaux se déroulent sur des fonds étoilés assez basiques, c’est quand même très impressionnant – sans doute plus que son remake Mega CD compte tenu du support. Cela dit, cette réalisation et surtout cette vue en perspective a hélas un « coût » puisque les collisions sont assez imprécises. Mais le vrai problème à mon avis est plutôt une difficulté assez mal dosée, avec des niveaux avancés parfois très faciles, d’autant que les bonus de bouclier sont parfois distribués généreusement et que les boss peuvent partir avant d’être détruits, et d’autres, en particulier les forteresses, assez impitoyables car on n’y trouve aucun bonus. En outre, le système d’armement, très particulier, n’apporte pas vraiment de fun. Néanmoins, cet autre classique de Game Arts reste lui aussi à essayer au moins une fois pour la curiosité.
UNDEADLINE
(MSX2, 1989)
Catégorie : run and gun
Développeur : T&E Soft
Date de sortie réédition : 17/10/2024
Undeadline (1989) est un titre au nom lui aussi un peu plus familier d’autant qu’il a été porté sur Mega Drive, bien qu’il n’ait pas quitté le Japon pour autant. On notera en plus que la jaquette met en avant le réalisateur Tokihiro Naitoh, créateur du séminal Hydlide (1984), rien de moins que le premier action-RPG de l’histoire du jeu vidéo… Il y a d’ailleurs des éléments de RPG dans ce run and gun où l’on choisit parmi trois personnages (un guerrier, un magicien ou une kunoichi) qui diffèrent surtout par leur manière d’éviter ou bloquer les attaques. Car ils disposent aussi de caractéristiques (que l’on peut améliorer après chaque niveau si l’on a ramassé une fée), mais elles définissent uniquement les deux armes (parmi six) pour lesquelles ils sont plus forts – autrement dit les seules qu’il faut utiliser. Le titre est plaisant au début mais il surestime rapidement les capacités du MSX2 et remplit l’écran d’ennemis au point de tout ralentir… Et après quelques niveaux (que l’on peut faire dans l’ordre que l’on souhaite même si la difficulté augmente progressivement quoi qu’il arrive), cela devient infernal. Car si le jeu multiplie les coffres, entre les armes adaptées aux autres personnages et les nombreux malus, il n’y a pas grand-chose pour nous aider.
GUARDIC
(MSX, 1986)
Catégorie : shoot ’em up
Développeur : Compile
Date de sortie réédition : 21/11/2024
Moins connu que son contemporain Zanac (1986) et surtout la série Aleste, Guardic (1986) demeure un classique de Compile très original, car ce shoot ’em up se déroule dans un labyrinthe dans lequel chaque salle demande de détruire de détruire tous les ennemis. Logique, sauf que cela demande parfois de la réflexion et surtout d’acheter les bonnes options (vitesse du vaisseau, largeur du tir, et bonus comme traverser les parois) à l’aide de points. Outre certaines salles bien violentes, la vraie difficulté du jeu réside dans la gestion de ces points, car on n’en trouve que dans certaines salles (parfois énormément, parfois très peu) et qu’il est souvent difficile de les ramasser dans le feu de l’action – les collisions sont exagérément fines et une fois le dernier ennemi abattu, on quitte la salle automatiquement. C’est donc typiquement le genre de jeu où il fallait prendre des notes, créer une carte et s’échanger des astuces avec les copains, et avec une solution donnant le bon ordre des salles, il est relativement faisable quitte à s’acheter un bouclier dans certains niveaux horribles. Hélas, impossible d’en utiliser pour le dernier boss absolument imbitable, d’autant que le rembobinage semble bogué dans ce jeu ; le tir est souvent bloqué et les ennemis nous canardent encore plus comme si leurs tirs passés et présents se cumulaient.
THE SCHEME
(PC-8801, 1988)
Catégorie : action-RPG
Développeur : Bothtec
Date de sortie réédition : 28/11/2024
Moins connu que les quatre autres, The Scheme (1988) l’est en fait principalement parce qu’il s’agit du premier jeu sur lequel a travaillé Yūzō Koshiro en freelance après avoir quitté Falcom. Et en dehors de ses musiques effectivement réussies, il s’agit d’un action-RPG à la partie RPG assez légère, donc plutôt une sorte de Metroid–like avec un level design assez moyen et qui manque surtout de clarté ; il y a certes quelques portes qui nécessitent une clé bien identifiable, mais aussi des endroits qui « changent » si on a le bon niveau ou le bon objet, et surtout des passages secrets obligatoires. Il y a donc pas mal d’allers retours mais, comme on peut grinder (les ennemis réapparaissent quand on quitte l’écran), la difficulté n’est globalement pas trop excessive à part quelques passages irritants. Les collisions poussent le joueur dans des directions parfois aléatoires, et certains ennemis multiplient tellement les boulettes qu’elles ont priorité et l’on ne peut plus tirer… En cours de route, j’ai fini par créer une carte que je vous propose ci-après mais comme j’étais déjà bien avancé, je n’ai pas pu placer dessus une bonne partie des objets. Néanmoins, je suis parvenu à finir le jeu – le dernier boss est toutefois très délicat, même avec des sauvegardes – même si j’avais l’impression de ne pas avoir tout exploré.






















