
On vit décidément une époque folle dans laquelle l’actualité va si vite qu’un projet peut être annulé moins d’une semaine après son annonce. Il faut dire aussi que ce grand retour de la 3DO était louche dès le début… Tout a commencé il y a environ deux semaines par une publication sur LinkedIn annonçant « le retour d’une légende » et l’acquisition de la marque The 3DO Company et de certaines propriétés intellectuelles associées par… Empire Interactive. Ce qui implique donc un second come-back, puisque cet éditeur britannique fondé en 1987 a fermé ses portes en 2009… Le site Time Extension a donc contacté son nouveau patron, un dénommé Işık Şekercigil, qui aurait connu du succès sur le marché mobile en Turquie même si l’on ne trouve pas grand-chose à son sujet. Celui-ci a donc clarifié qu’il a en effet commencé par faire l’acquisition d’Empire Interactive, ce qui n’était pas très compliqué car l’éditeur, connu notamment pour la série FlatOut, ne possède quasiment plus aucune propriété intellectuelle. La marque ne suscitant du reste pas vraiment la nostalgie, l’idée était plutôt d’en faire un éditeur de jeux modernes (comme Simoria, un clone des Sims), et donc de s’appuyer sur une marque comme 3DO pour des rééditions voire plus.
En effet, après avoir défendu certaines bizarreries sur son site comme un prix bidon supprimé depuis, Şekercigil a clarifié être toujours en pleine acquisition des droits des jeux 3DO mais aussi, tout en admettant que c’était plus compliqué, des droits des consoles, afin de lancer carrément deux nouvelles machines, une recréation de l’originale façon Mini mais aussi une 3DO « moderne » disposant de son propre écosystème, et accueillant aussi bien des rééditions que des jeux indé, y compris de développeurs tiers… Tout cela semblait bien ambitieux, surtout que d’autres sociétés n’ont pas attendu bien longtemps pour exprimer leur scepticisme, en particulier Throwback Entertainment, un éditeur spécialisé dans les rééditions et qui possède les droits de plusieurs jeux 3DO – ainsi que le site 3do.com. Or celui-ci a même nié être en négociations avec Empire Interactive. Il faut dire que comme souvent, le monde des marques et des propriétés intellectuelles est complexe, et Empire n’aurait les droits que de The 3DO Company et pas forcément d’autre chose, dont la marque 3DO elle-même, que Throwback a obtenue de Piko Interactive.
On a donc ici un très bel exemple de charrue mise avant les bœufs, et moins d’une semaine plus tard, Empire Interactive publiait un nouveau message sur LinkedIn pour annoncer l’annulation de tous ses projets concernant la 3DO, aussi bien la production de machines que la réédition de classiques, afin d’éviter les nombreuses complications légales associées… Néanmoins, la société affirme à la fin vouloir continuer de créer ses propres jeux de « nouvelle génération ». Or elle vient de publier sur son blog l’annonce de l’acquisition de deux autres marques éteintes du jeu vidéo, SouthPeak Games et Digital Chocolate, le premier devant devenir son label principal d’édition, et le second devant se focaliser sur les titres mobiles. Bref, même si c’est nettement moins téméraire, on en revient au même problème typique : faire passer l’acquisition de vieilles licences avant la création de jeux. Il faut dire que la première ne requiert qu’un peu d’argent, alors que la seconde présente le sérieux inconvénient de nécessiter une masse salariale, et idéalement du talent.
Source : Time Extension














