Tomonobu Itagaki, le bad boy du jeu vidéo japonais, nous a quittés

Tomonobu Itagaki avec ses cheveux longs et ses lunettes de soleil

Quelques semaines après la sortie de NINJA GAIDEN: Ragebound et alors que Ninja Gaiden 4 débarque en début de semaine prochaine, on a appris hier la disparition de celui qui a rebooté avec succès la série, Tomonobu Itagaki, à seulement 58 ans. Né en 1967, il fait ses débuts chez Tecmo en 1992 sur un jeu de football américain, mais c’est surtout dans la seconde moitié des années 1990 qu’il marque les esprits en tant que réalisateur de la série Dead or Alive, réponse directe à Virtua Fighter mais qui va se démarquer de plus en plus via le fan service… Il est ensuite placé à la tête du studio interne Team Ninja afin de ressusciter la licence Ninja Gaiden. Mais son comportement de rockstar, politiquement incorrect et sévère vis-à-vis de l’industrie, va alors se retourner contre lui. En 2006, il est accusé de harcèlement sexuel par une employée de Tecmo ; il sera innocenté par une enquête interne, mais au Japon encore plus qu’ailleurs, les femmes ont très rarement gain de cause en la matière. En 2008, peu avant la sortie de Ninja Gaiden II (2008), il quitte Tecmo non sans attaquer en justice la société pour bonus non versés, mais aussi son président pour diffamation… Il fonde alors Valhalla Game Studios mais le développement du mésestimé Devil’s Third (2015) sera bien compliqué et restera son dernier jeu. Depuis, il n’a quasiment pas fait parler de lui hormis pour un projet fumeux en 2022. On ignore quelle maladie l’a emporté, mais il se savait mourant comme le suggère le message final qu’il a épinglé sur sa page Facebook, accompagné d’une photo sur laquelle, pour une fois, il ne portait pas ses emblématiques lunettes de soleil.

Mots laissés derrière moi
La flamme de ma vie est sur le point de s’éteindre.
Si ce message a été publié, cela signifie que le moment est enfin venu.
Je ne suis déjà plus de ce monde.
(Ce dernier message a été confié à une personne chère.)
Ma vie n’a été qu’une suite de combats.
Et j’ai continué à gagner.
J’ai aussi causé bien des ennuis.
Mais je suis fier d’avoir suivi mes convictions et mené mes batailles jusqu’au bout.
Je n’ai aucun regret.
Je ressens seulement une profonde tristesse de ne pas avoir pu offrir une nouvelle œuvre à tous mes fans.
Je suis désolé.
C’est ainsi.
So it goes.
Itagaki Tomonobu

Source et traduction : Gamekult

Lien Permanent pour cet article : https://mag.mo5.com/275715/tomonobu-itagaki-le-bad-boy-du-jeu-video-japonais-nous-a-quittes/