Bernie Stolar, passé par Atari, Sony et SEGA, nous a quittés

Bernie Stolar tenant une manette et une VMU Dreamcast, et les photos de la Lynx et de la PlayStation

Alors qu’on apprenait il y a moins d’un mois la disparition (remontant en fait à un an) de Hidekazu Yukawa, le visage japonais de la Dreamcast, c’est son équivalent américain qui vient de nous quitter. Mais Bernie Stolar était bien plus encore, indéniablement une légende de l’industrie du jeu vidéo, quoique polarisante comme beaucoup d’entre elles… Embauché par Atari au début des années 1980, il débute dans la section arcade avant de passer aux machines domestiques et superviser le développement de la Lynx dont il restera des années après un défenseur acharné, convaincu qu’elle supplantait la Game Boy en dehors de considérations marketing. En 1993, il est l’un des cofondateurs de Sony Computer Entertainment America (SCEA) dont il est le premier vice-président, et a joué un grand rôle dans l’élaboration du catalogue de la première PlayStation.

Mais c’est aussi à cette époque qu’il commence à s’attirer l’ire de certains joueurs en s’opposant aux jeux en 2D et aux RPG… Suite à une grosse restructuration organisée par la maison-mère japonaise en 1994, il préfère partir avant d’être licencié et rejoint SEGA en tant que président et directeur de l’exploitation (COO) en 1996. Mais il s’y concentre d’emblée à enterrer la Saturn qui ne décolle pas et à préparer une nouvelle machine, même si ce n’est pas le projet qu’il supervise qui deviendra la Dreamcast. Si son choix de miser sur le online, plutôt que l’intégration du DVD ou d’un disque dur, peut être considéré comme une erreur avec le recul, il aura en revanche eu le nez creux en faisant l’acquisition du studio Visual Concepts Entertainment, puisque la gamme 2K Sports aura mis fin à l’hégémonie d’Electronic Arts, grand absent sur la console, dans ce domaine.

En revanche, il incite SEGA à baisser énormément le prix de vente de la machine, ce qui aggravera encore les finances de la société qu’il quitte fin 1999, donc peu après le lancement très réussi de la Dreamcast aux États-Unis. Il rejoint alors Mattel où il lance des jeux vidéo dérivés de la franchise Barbie avec un certain succès. Par la suite, il passera chez Google qu’il encouragera aussi à se lancer dans le jeu vidéo mais en vain cette fois. Il faudra plus de dix ans pour que la société suive son conseil, mais Stadia sera finalement un échec. Bernie Stolar avait-il tort ou est-ce qu’il aurait fallu faire les choses plus tôt et/ou à sa manière ? On ne le saura sans doute jamais. De même qu’il est peu probable que la Saturn aurait été de toute façon sauvée, même sans son intervention. Ce qui est certain, c’est que le paysage vidéoludique mondial aurait été très différent sans lui.

Sources : VentureBeat & Kotaku

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