On a déjà eu l’occasion de l’écrire mais depuis la publication fin juin de notre édito sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la scène homebrew, les projets vibe-codés se sont multipliés à une vitesse folle, en particulier les recompilations et portages. On en arrive à se demander comment on va pouvoir couvrir tous ces jeux, sachant qu’il serait difficile de décider de boycotter tous ceux utilisant l’IA, déjà parce que désormais, une grande majorité le font, même avec modération, et surtout qu’il est difficile de le deviner si ce n’est pas admis. On est donc assez inquiet, car alors qu’une conversion comme Sonic GX, attendue des années, constituait un sacré évènement, on peut sérieusement se demander si l’on ne va pas vite se lasser d’adaptations pourtant jugées impossibles s’il en sort plusieurs chaque jour… Quelqu’un m’a répondu sur AtariAge qu’il valait mieux plein de portages créés via l’IA que des projets faits main qui ne sortent jamais, mais l’ironie est que la plupart des titres vibe-codés que l’on a présentés ces derniers temps sont tout autant inachevés – si l’on utilise l’IA par flemme de démarrer un développement, trouvera-t-on la motivation de le finir ?
Certes, il y a des résultats impressionnants. On évoquait récemment un portage d’Iceblox Plus sur Atari 7800, or celui-ci a été réalisé en quelques heures à l’aide d’un seul prompt, même si le développeur avait apparemment créé un moteur au préalable. Il a même depuis converti la version NES de Contra avec une grande facilité – plus d’infos sur AtariAge. Dans notre prochain bilan de sorties, on évoquera un jeu CPC d’un développeur qui n’évoque pas l’IA, mais explique avoir « appris » comment convertir des titres de nombreuses plateformes, et en aurait créé trente en trois semaines… Pour notre dernier bilan de news, on a fait l’impasse sur pas moins de quatre démos (dont deux portages) sur ZX Spectrum Next publiés en l’espace de quelques jours ; l’IA n’est pas mentionnée mais ça fait juste beaucoup trop à traiter. On a en revanche abordé un projet Master System signé Haroldo « haroldoop » de Oliveira Pinheiro, lui un adepte ouvert de la technologie, tout en mentionnant qu’il avait pondu seize démos sur 32X en deux mois. Et il sera encore question de lui dans le prochain bilan ce dimanche !… On est même arrivé à un point où certains utilisent l’IA pour livrer des programmes sans se soucier du fait qu’ils marchent ou pas. On n’a pas le cul sorti des ronces.
On s’excuse de cette longue introduction qui ressemble à une seconde partie de notre dernier édito, mais c’est surtout pour relativiser ce qui, il y a encore quelques mois, aurait créé l’évènement. Un développeur inconnu au bataillon mais justement nommé Beautiful Slop a, là encore, publié le même jour les vidéos de quatre projets de portages sur Jaguar. A priori, seul celui de Tomb Raider (1996), que d’autres ont déjà essayé d’adapter en vain sur la console d’Atari, dispose d’une page GitHub, mais l’auteur en promet une très bientôt pour celui de Quake (1996). Néanmoins, même le portage de Sonic 3 & Knuckles (1994), pourtant le seul qui semble vraiment faisable, se montre très lent en plus d’avoir un son inécoutable. Alors bien sûr, le programmeur pense pouvoir optimiser tout ça, mais on a surtout l’impression que l’IA se différencie seulement par sa capacité à essayer sans se décourager, puisqu’on lui en donne l’ordre. De là à réussir ce qui est sans doute impossible… Mais surtout, on ne serait pas surpris de ne jamais avoir l’occasion d’en reparler, parce que le développeur sera passé à autre chose. Et tant pis pour les conséquences, sachant qu’on sait maintenant que la pénurie de RAM causée par l’IA est la vraie raison du report de l’AES+… Au moins, ceux qui l’ont précommandée pourront patienter avec des milliers de portages bâclés, j’imagine.
À propos de la Jaguar, ceux qui auront par curiosité malsaine découvert les aventures de philipj dans notre dernier édito seront peut-être contents d’apprendre que celui-ci a récidivé sur AtariAge après la clôture du sujet précédent de vingt-six pages. Pour faire court, il est toujours persuadé que son moteur en « voxels médicaux » peut fonctionner.














